LIVRE VI, CHAPITRE XIV
en synode lorsqu'ils seraient convoqués par lui *. Ainsi armé, Boniface se remit à l'œuvre : il commença la réorganisation de l'Église en Bavière ; il érigea ou rétablit les sièges épiscopaux de Passau, Ratisbonne, Freising et Salzbourg. Peu de temps après il fonda de nouveaux évéchés dans les provinces thuringiennes et franques du Mein et de l'Eder : Eichstedt, Wurzbourg et Burabourg près de Fritzlar reçurent leurs premiers évêques, choisis parmi les compagnons de Boniface. Lui-même, paraît-il, se réserva le siège d'Erfurt, créé pour la Thuringe proprement dite.
Ces faits se passaient dans les derniers temps de Charles Martel. Il venait de mourir lorsqu'eut lieu l'ordination des premiers évoques de Germanie, mais elle n'avait pu être préparée qu'avec son concours. Il est évident que l'œuvre de Boniface n'aurait pu s'accomplir, si Charles Martel n'y avait prêté la main. Celui-ci était dans les meilleurs termes avec le pape ; mais ce qui contribua le plus à établir entre le prince des Francs et le pontife de Rome des relations intimes et à faire entrer les Carolingiens dans la politique de l'Église, ce fut l'invasion des Lombards en Italie ; de sorte que cet événement, au lieu d'être un malheur pour le chef de l'Église romaine, fut une des principales causes de son élévation.
« Wûrdtwein, ÊpisL XLV, p. 97.
51 HISTOIRE DES FIUNGS D'AUSTRASIB.
XY. — Les Lombards, peuple semi-paï<^n, semiarien, avaient pénétré en Italie par le Frioulen 569. Ils venaient de la Pannonie ; leur roi AAboin fixa sa résidence à Pavie, mais leur intention était bien de s'emparer de tout le territoire soumis aux empereurs de Gonstantinople, par conséquent aussi de la ville d<e Rome. Pendant longtemps ils durent se contenter de ce qu'ils avaient conquis d'abord, ainsi que des duchés de Bénévent et de Spolète dans le midi. Leurs eiforts pour se rendre maîtres du reste de l'Italie furent en grande partie contrariés par les papes, qui parvinrent, avec l'assistance de la reine Theodelinde, princesse bavaroise, à leur faire embrasser la religion catholique. Cependant un de leurs rois, du nom de Luitprand, encouragé par les troubles qu'avaient fait naître les édits de Léon Tlsaurien contre le culte des images» s'empara, en 728, de l'Exarchat et s'avança v^s Rome ^. L'empereur de Gonstantinople n'était pins capable de protéger cette partie de ses États; ce fut le pape qui sauva les Romains. La ville était fortifiée, et Grégoire avait fait réparer ses fortifications ; mais il ne crut pas prudent de courir le^ hasards <l'ua siège ; il se servit d'un moyeu plus habile.
A la tête de son cler^^ il se rendit au camp des Lombards, et demanda à être adipis en présence du
» Hegel, Stœdteverfassung Italien, Lpz. i847, t. I, p. i50; Sismondi, Histoire des républiques italiennes, Bruxelles 1826, 1. 1, p. 8 et suiY. ; L'Art de vérifier les dates, édit. in-8«, t. IV, p.. p. 378 et suiv.