‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 4 sur 200 · LIVRE VI, CHAPITHE II. Il · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITHE II. Il

sées. A Texception de ce vain nom de roi et d'une pension alimentaire mal assurée, il ne possédait rien en propre qu'une seule terre d'un modique revenu, qui lui fournissait une habitation et un petit nombre de serviteurs à ses ordres, chargés de lui procurer ce qui lui était nécessaire. S'il fallait aller quelque part, c'était sur un char traîné par un attelage de bœufs qu'un bouvier menait à la manière des paysans : c'était ainsi qu'il se rendait au palais et à l'assemblée générale de son peuple, tenue chaque année pour les affaires publiques ; c'était ainsi qu'il revenait chez lui. Quant à l'administration du royaume, aux mesures et aux dispositions qu'il fallait prendre au dedans et au dehors, le maire du palais en avait tout le soin ^. »

II. — Pépin avait épousé une femme aquitaine, nommée Plectrude, dont il eut deux fils, Drogon et Grimoald. L'aîné fut investi du gouvernement de la Champagne ^ ; le second succéda à Nortbert dans la mairie du palais de Neustrie. Quelques années après ce mariage. Pépin prit une seconde femme du nom d'Alpaïde, aussi distinguée par sa naissance que par sa beauté ^. De cette union naquirent Charles Martel,

^ Einh., Vita Karoli imper,, c. i.

« Drogus a Pippino genitore eruditus ducatum Campaniœ accepit. (Fredeg., Chron, cont., c. iOl.)

s Pipinus aliam duxit uxorem nobilem et elegantem nomine ÂlpaTdem. (Fredeg., Chron, contin,, c. 102.) Plusieurs diplômes sont émanés de Pépin et de Plectrude conjointement ; ils appartiennent aux années 687, 690, 691, 706 et 714. (Brequigny, t. IV, p. 203, 212,219, 273 et 298).

de glorieuse mémoire, et probablement aussi Hildebrand qu'on voit figurer dans l'histoire comme frère de Charles Martel.

On a contesté la légitimité de ce second mariage et prétendu que Charles Martel était bâtard. Dewez * et après lui M. Burckhardt^ ont parfaitement démontré que la coutume des Germains autorisait les princes à avoir plusieurs femmes *. Au reste, la question est sans importance pour l'histoire, mais il est bon de savoir qu'elle fut soulevée par le parti de l'Église qui appuyait Plectrude et ses enfants et qui repoussait comme entachée de germanisme la descendance d'Alpaïde. Celle-ci fut même accusée d'avoir été cause du meurtre de saint Lambert.

Suivant Anselme de Laon, écrivain du douzième siècle, l'évéque de Tongres aurait été victime de la vengeance des parents d'Alpaïde, irrités de ce qu'il avait déterminé Pépin à reprendre Plectrude, son épouse légitime ^. Si l'on en croit d'autres légendaires de la même époque, tels que le chanoine Nicolas et un

L'union de Pépin avec AIpaYde semble donc devoir être placée entre les années 69^1 et 706.

« Mémoire pour servir à l'histoire d'Alpaïde, dans le tome III des Nouveaux Mémoires de l'Académie de Bruxelles, p. 3i5 et suiv.

* Questiones aliquot Caroli Martellis historiam illustrantes, hàle, iS43. ' Voyez, dans les formules de Marculfe, le libellum repudii, oU il est dit

expressément : a ... Ut unusquisque ex ipsis, sive ad senritium Dei in monasterio, aut ad copulam matrimonii se sociare voluerit, licentiam habeat. (Lib. II, c. 30, Baluz., t. II, p. 423.)

* Anselmi, canon, leod. c. XI, ap. Chapeauville, Gesta Pontif. Tungr. et Leod,, 1. 1, p. 4 19.

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