‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 40 sur 200 · LIVRE TII, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE TII, CHAPITRE III

roi ni en Neustrie, ni en Austrasie. II n'est guère probable qu'en 742 les fils de Charles aient euxmêmes opéré la restauration des Mérovingiens. Cette restauration semble plutôt avoir été faite par les Neustriens, en haine des Francs d'Austrasie et des maires du palais de la famille carolingienne. Le but des légitimistes de cette époque devait être de régner sous le nom de ce pauvre clerc qu'ils avaient tiré du couvent, et d'éloigner les Austrasiens dont la prédominance ne pouvait manquer de les froisser. Ce but ne fut pas atteint, parce que Hunold, qui s'était mis à la tète du partie manquait des qualités indispensables pour réussir. Les princes francs reconnurent le roi Childeric ; mais celui-ci de son côté, n'hésita point à reconnaître qu'il ne régnait que par leur volonté ^

Quant au duc d'Aquitaine, Garloman et Pépin marchèrent contre lui avec une armée. Ayant traversé la Loire, ils ravagèrent tout le pays situé au sud de ce fleuve, et s'emparèrent de plusieurs forteresses, notamment du château de Loches, en Tourraine, <.< et avant de se retirer, dit Éginhard, ils partagèrent, au lieu dit le Vieux-Poitiers, le royaume qu*ils administraient en commun '. » Le duc Hunold,

I Hildriciis, rex Franeonim, Tiro inclyto Karloxfiaimo, najondomus, rectori palatio nostro, qui nos in solium regni institait. (Prctceptum Childerici III régis pro menast, StabtU, ap. Bosquet, t. lY, p. 711.)

< Et eapto qnodam castello quod Lnccas Toeatur, priosquam er ea pro- Tincia secederent, regnum quod communiter administrabant in loco, qui Pictayium dicitur, inter se ditiserunt. (Ëinbardi Amuiks, ad ann. 74S.)

Si HISTOIRE DES FRANCS D'AUSTRASIE.

qui avait pris la fuite à leur approche, fut trop heu* reux d'obtenir la paix.

IV. — Le danger le plus sérieux était du côté du Rhin. Odilon s'était préparé à la guerre en contractant des alliances avec Théobald, duc des Souabes, avec un chef de Saxons, nommé Théodoric, et même avec des peuples slaves. Revenu d'Aquitaine, en 742, Garloman fit une première campagne dans le pays des Allemans ; il ravagea cette contrée par le fer et le feu, comme c'était l'usage à cette époque *. L'année suivante, 743, les deux frères réunirent leurs forces et se mirent en marche pour la Bavière. Ils s'avancèrent jusqu'au bord du Lech. Odilon s'était retFanché sur la rive opposée avec rélite de ses troupes. Les Francs ne pouvaient passer; et pendant quinze jours ils subirent les sarcasmes des Bavarois *. Mais enfin ils trouvèrent un gué, franchirent la rivière pendant la nuit, et tombèrent à l'improviste sur l'armée d'Odilon, qui, après un combat sanglant, fut vaincue et mise en fuite '.

Il y eut dans cette affaire une intervention de prê-

I Eodèmque anno postquam domum regressi sunt, Karloinannus Alamanniam, quœ et ipsa a Francorum societate defecerat, €um exercitu ingressus, ferro et igné Tastayit. (Einh. Annales, ann. 742.)

* ProYocati irrisionibus gentis illius, indignatione commoti, periculo se dederuQt per loca déserta et palustria.... nocteque irruentes, divisis exercitibus, eos improYisos occupaverunt (Fredeg, coni,, c. 112.)

« Karlomanuus et Pippinus, junctis copiis contra Odiloaem duccm Bajoariorum profecti sunt, praslioque commisso exercitum ejus fuderuut. ^Einh. Annales, ann. 743.}

Page 1