‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 44 sur 200 · UVRE VU, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

UVRE VU, CHAPITRE VI

Cela n'empêche point qu'Héribert ait pu être comte de Laon, mais il en résulte évidemment qu'il était d'origine franque et austrasienne. Nous possédons d'ailleurs un document qui ne laisse aucun doute sur la nationalité de Bertrade : c'est une lettre que le pape Etienne adressa, en 770, à Charles et Carlo* man, pour les engager à n'épouser que des femmes de leur pays et de la noble race des Francs, et où il leur dit qu'en agissant ainsi, ils feront ce qu'ont foit leurs aïeux et leur père lui-même ^ .

VI. — Lorsque Pépin se trouva seul maître du royaume, le premier de ses actes fui de mettre en liberté son frère Grifon, qui depuis six ans était détenu dans une forteresse. Il voulait le traiter avec générosité, sans cependant partager avec lui le pouvoir. Mais Grifon n'avait pas renoncé à ses desseins ambitieux : pendant que Pépin assistait à un champ de mars à Duren, en 748, il attira à son parti un grand nombre de jeunes guerriers, et les entraînant à sa suite, il passa le Rhin et courut chez les Saxons. Le maire du palais ne lui laissa pas le temps d'organiser sa rébellion ; il se mit à sa poursuite et entra par la Thuringe dans le pays des Nordquaves. Il soumit ce peuple par les armes et s'empara pour la troisième fois de la personne de Theodoric, retranché dans sa forteresse de Hochseebourg. Il pénétra jus*

* Etenim nuUus ex vestris parentibus, scilicet neque aTUS Tester, neque proaYus, sed nec vester genitor, ex alio regno vel extranea natione conjugem accepit. (Cod, Carolin, Epist. 45.)

n HISTOIRE DES FRANCS D*AUSTRASIE.

qu'au bord de l'Oder, franchit ce fleuve, derrière lequel se trouvaient les Saxons qui s'étaient joints à son frère. C'est vainement qu'ils cherchèrent à entrer en arrangement : il les poursuivit sans relâche, ravagea une grande partie de leur pays, rasa leurs forteresses et leur imposa de nouveau le tribut qu'ils avaient été forcés de payer au roi Chlotaire P^

Grifon chercha alors un refuge en Bavière. Le duc Odilon était mort, laissant un fils mineur du nom de Tassilon, sous la tutelle de Hiltrude. Sous prétexte de vouloir exercer la tutelle de cet enfant, son neveu, Grifon arracha le pouvoir des mains de sa mère et se fit duc lui-même. Il parvint à former une alliance avec Landfried II, duc des Allemans ou Souabes. Mais Pépin le suivait de près ; il battit, en 749, l'armée des alliés, réunie sous le commandement de Landfried et de Switger, et la poursuivit jusque sur les bords de l'Inn. Obligés de se soumettre, les Bavarois reconnurent Tassilon pour leur duc, et livrèrent des otages au vainqueur. Pépin revint dans la Gaule avec Grifon et Landfried, qu'il avait faits prisonniers *. Les Allemans furent gouvernés depuis cette époque par des officiers royaux, et leur pays fut incorporé dans le royaume des Francs.

Il paraît que le pape Zacharie intervint en faveur de Grifon, par l'entremise de saint Boniface *. Pépin

< Grifonem secum adduxit, Landfridum similiter. (Ami, Laur, maj., 748.) * Pertz, Die Geschichte der Meroving, Uausmaier,

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