LIVRE VII, CHAPITRE VU
autorité apostolique, que Pépin fût élevé à la royauté ^.
Le continuateur de la chronique de Frédegaire, qui écrivait par ordre d'Hildebrand, frère de Charles Martel, rapporte qu'en 782, de l'avis et avec le consentement de tous les Francs, et en conformité du message reçu de l'autorité apostolique, l'illustre Pépin, par l'élection de toute la France, la consécration des évéques et la soumission des grands fut placé sur le trône avec la reine Bertrade, selon l'ancienne coutume des Francs ^.
L'auteur des Gesta regum Francorum, s'exprime ainsi : « Dans ce temps-là les Francs, chagrins de n'avoir pas un roi sage et prudent, et se voyant réduits, depuis une longue suite d'années, à supporter des princes stupides (insipientes) voulurent élever sur le pavois le pieux Pépin, qui ne voulut pas y consentir; mais rassemblant les premiers d'entre les Francs, il envoya à Rome, de leur part, vers le pape
1 Burghardus, Wirzeburgensis episcopus, et Folradus capellanus missi fuerunt ad Zachariam Papam,interrogando de regibus in Francia, qui illis temporibus non habcntes regalem potestatem, si bene fuisset, an non. Et Zacharias Papa mandavit Pippino, ut melius esset illum regem vocari, qui potestatem haberet, quam ilium qui sine regali potestate manebaU Ut non conturbaretur ordo, per auctoritatum apostoiicam jussit Pippinum regem fieri. [Annales Laurm. maj, ad ann. 749, ap. Pertz, 1. 1, p. 136.)
* Quo tempore una cum consilio et consensu omnium Francorum, missa relatione, a sede apostolica auctoritate percepta, prœceisus Pippinus electione totius Francise in sedem regni cum consecratione episcoporum et subjectione principum una cum regina Bertradane, ut antiquitus ordo deposcit, sublimatur in regno. [Contin, Fredeg. ap. Bouquet, t. II, p. 460.)
Zacharie, Burchard, évoque de Wurzbourg, et Fulrad, son chapelain, avec mission de Tinterroger, au nom des Francs, au sujet des rois qui étaient pour lors en France, et qui, à cause de leur imbécillité, ne jouissaient pas du pouvoir des i*ois. Ils devaient lui demander si cela était bien ou non. Le pape ï^charie, de l'avis des nobles romains, répondit aux ambassadeurs qu*il valait mieux appeler roi celui-là qui avait la sagesse et la puissance, que celui qui n'était roi que de nom, sans aucune autorité royale ; et pour que la succession monarchique n'en éprouvât aucun trouble, il ordonna, en vertu du pouvoir apostolique, que Pépin fût roi, car il était du sang royal des Francs *. »
D'après les annales de Lorsch, déjà citées, et les annales d'Eginhard, cet acte solennel eut lieu à Soissons, et l'onction fut faite par saint Boniface ^. Quant à Ghilderic, qui portait un vain titre de roi, on lui rasa la tète et on le relégua dans un monastère'. Eginhard répèle, dans sa Vie de Charlemagne, que le pouvoir royal fut conféré à Pépin par l'autorité du pape ^.
^ Et ul non conturbarelur oixlo regalis, jussit per authoritatem aptfstolicam Pipinum fieri regem, qui erat sanguine regaii Francorum. (Gest, rcQ, Franc,, ann. 751.)
* On pense que c'est le 4» mars 752 que cette cérémonie eut lieu.
> Pippinus secundum morem Francorum electus est ad regem, et unctus per nianum sanctœ mémorise Bonifacii archiepiscopi^ et elevatus a Francis in regno in Suessionis civitate. Hildericus vero, qui false Rex vocabatur, tonsoratus est, et in monasterium missus. (Annales Lauriss. maiores, ad ann. 750; ap. Pertz, /. c, p. 138.)
* Gens Merovingorum, de qua Franci reges sibi creare soliti erant,