II
nous d'ajouter que, tout en honorant dans la per^ sonne de Pépin la dignité royale, comme disent les chroniqueurs, le pape le décora, lui et ses fils, de la dignité de patrice des Romains.
Ce dernier acte a donné lieu à une controverse qui n'est pas sans intérêt K Lorsque, pour la pre* mière fois, le pape Grégoire III avait offert le patriciat à Charles Martel, il lui avait envoyé, comme marques distinctives de cette dignité, les clefs du tombeau de saint Pierre et un drapeau bénit ^. On a beaucoup disserté sur la signification de ces emblèmes et du titre même de patrice. Autrefois le patriciat était une dignité, comme celle de vice-roi par exemple, dont on décorait certains gouverneurs des provinces. L'empereur d'Orient Anastase avait envoyé le titre de patrice à Chlovis, dans l'intention de le faire considérer comme son gouverneur dans les Gaules. Odacre et Théodoric furent aussi décorés de
spiritus sancti gratia confinna?it, et tali omnes interdictu et cxcommunicationis lege coustrixit, ut numquam do alterius lumbis rcgem in svo prœsumant eligere, sed ex ipsorum, quos et divina pietas exaltare dignata est, et sanctorum apostolorum intcrcessionibus per manus \icarii ipsorum beatissimi Pontificis contirmare et eoasccraro disposuit. {Clatisula de Pippini in Francorum regem CQtisecratione, addition à Grégoire de Tours, publiée d'abord par Mabillon et reproduite par Dom Bouquet, Script. Franc, t. V, p. 9.)
1 Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom im Mittelalter, t. H, p. 313; Waitz, Deutsche VerfassungsgeschichtCy t. HI, p. 80; Hegel, Stadteverfassung Italien. Leipzig, 1847, 1. 1, p. 209; Eegemsch, Geschichte der Régierung Kaiser Karls des Grossen, p. 105, etc.
* Et ipsas sacratissimas. claves confessionis beati Pétri ad rogum dimisimus. {Codex Carolinus, p. 22, edit. de Cenni.)