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LIVRE Vil, CHAPITRE X. 1H

Bavarois, avec les principaux de sa nation ; il y prêta • serment de fidélité non-seulement à Pépin, mais encore à ses fils, Charles et Carloman. Comme, dès lors sans doute, son caractère n'inspirait pas beau- .coup de confiance, on exigea, pour plus de garantie, qu'il jurât sur les reliques de quatre saints, auxquels on attribuait beaucoup de miracles, saint Denis, saint Rustique, saint Eleuthère et saint Martin. Ce serment solennel fut confirmé par celui des seigneurs bavarois qui formaient la suite du duc *.

Après s'être ainsi assuré la soumission de la Bavière, Pépin partit pour la Saxe, où il entra avec une armée. Malgré la courageuse résistance des Saxons et leurs efforts pour défendre leur pays, il attaque leurs postes, les culbute et pénètre à travers les retranchements qu'ils avaient élevés. Après plusieurs combats dans lesquels périt une multitude de Saxons, il les força de se soumettre à sa domination et de s'engager à fournir chaque année un tribut de trois cents chevaux ^.

* Ibique Tassilo venit dux Bajoariorum, in vasatico se commendans per manus, sacramenta juravit multa et innumerabilia, reliquias sanctorum martynim manus inponens, et fidelitatem promisit régi Pippino et... filiis ejus d. Garolo et Carlomanno, sic ut vassus recta mente et firma devotione per justitiam sicut vassus dominos suos esse deberet. Sic confirmayit supradictus Tassilo supra corpus sanctorum Dionisii, Rustici et Eleutherii neenon et sancti Germani seu sancti Martini, ut omnibus diebus vitœ ejus sic conservaret sicut sacramentis promiserat. Sic et ejus homines majores natu, qui crant cum eo, firmaverunt, sicut dictum est, in locis superius nominatis. {Annales Laur. maj., 757.)

* Et tune polliciti sunt contra Pippinum omnes voluntates ejus facien-

ni HISTOIRE DES FRANCS D'AUSTRASIE.

Cette campagne terminée, Pépin vint se reposer et probablement recruter de nouvelles troupes en Austrasie. Eginhard dit qu'en 789, le roi célébra la nativité du seigneur à Longlier * et la Pâque à Jupille, et qu'il ne sortit point des frontières de son royaume*

L'année suivante, ses vues se portèrent vers la Gaule méridionale. Les Sarrasins avaient cru pouvoir dominer la Septimanie en se retranchant dans la ville de Narbonne ; mais Pépin offrit son assistance aux seigneurs Wisigothsqui avaient pris les armes contre eux. Le plus puissant, Ansemond, qui était maître des villes de Nîmes, Maguelonne, Agde et Beziers, se déclara volontairement le vassal du roi des Francs. Celui-ci fit attaquer les Musulmans de Narbonne, qui, après un long siège, furent massacrés par les habitants. C'est ainsi que la Septimanie, compre-

dum et honores in placito suo prsBsentandum usque in equos trecentos per singulos annos. {Ann, Laur. maj,, 758.)

1 Longlare. On a pensé que le château royal de Longlare, qui parait avoir été habité par Chlotaire II et où Pépin séjourna en 759 et 763, était situé à l'endroit appelé aujourd'hui le Glaire, à une demie lieu de Sedan, sur la rive gauche de la Meuse. {Teulet, OEvres d'Êgmhard, 1. 1, p. 437.) C'est évidemment une erreur. Longlare ne peut être autre que Longlier, près de Neufchâteau en Ardenne. Une charte d'Othon le Grand, de 947, dit en termes exprès : in villa Longliers; et dans une autre charte d'Othon II, de l 'an 982, on trouve Curtem Longlar nuncupatum. Ces deux formes s'appliquent ensuite à une église, dans la charte de fondation du prieuré de Longlier, par Henri III, en 4055, où il est dit : ecclesia de Longlier, et dans l'acte de confirmation de Frédéric de Luxembourg, de 4064, où l'on t rouve ecclesia de Longlari. Ici l'identité est manifeste; on voit clairement que Longlier et Longlare sont deux dénominations du même lieu. (Voyez les Annales de la Société pour la conservation des monuments historiques de la province de Luxembourg, 4849-4850 et 4850-4854, p. 462.)

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