‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 68 sur 200 · LIVRE Ylll CHAPITRE H · texte numérisé non relu

LIVRE Ylll CHAPITRE H

mère Ztiamide, nièce (f Odilon, duc de Bavière. Elle fit naître en lui, par ses méchants conseils, Tespé* rance de' se rendre maître de tout le royaume, au point quil s'empara sur^le-cbamp âe la cité de Laon, et déclara la guerre à ses frères. Garloman et Pépin rassemblent promptement une armée, assiègent Laon, acceptent la capitulation de Grifon, et Songent ensuite à organiser le royaume et les provinces et à recou«' vrer tout ce qui, après la mort de leur père, s'était séparé de la confédération des Francs. Au moment d'entreprendre une expédition lointaine, ils voulurent assurer la paix intérieure de leurs États. Garloman s'assura donc de Grifon, en le faisant enfermer à Novum Castetlum ^, près de la forêt des Ârdennes^. » Ge qui précède est compris sous la date de 741. Éginhard ajoute, année 742 : « Garloman et Pépin, maîtres du royaume des Francs, voulant d'abord recouvrer TAquitaine sur Hunold, duc de cette pro* vince, l'envahissent avec une armée, s'emparent d'un château nommé Loches, et avant de se retirer, parta^* gent, au lieu dit Vieux-Poitiers^ le royaume qu'ils tenaient er cosmun, regnum quod tamfimniter kt^e^ bant ^. »

> y&fex SX» ee château la note page 80 d-dessiis.

* Einhard. Aimaieê, 744 et 74â. Nous bous somme» serti de la traductioil de Mi Tealèft. Cet auteur fait remarquer que, suivant Eckhart et Dom Bouquet, il s'agit, daBS ce passage d'Ëgiubard, du partage des provincei laissées par Charles Martel à Grifon et dont ses deux frères Tafaient dé« p<mUlé% Mais cela n*^ fraiment pas sérieux; Charles Martel n^airait pas laissé de royaume à Grifon, et c'est du royaume des Francs que purle

Est-îl possible d'être plus explicite? Ce passage ne peint-il pas admirablement la situation? Malgré le partage résolu par Charles Martel, les deux frères, menacés d'abord par Grifon, ensuite par Hunold, tiennent en commun le royaume *. Ils se préoccupent du soin de l'organiser, c'est-à-dire de rétablir l'ordre, et de recouvrer tout ce qui a été soustrait à la domination des Francs. Ils commencent par abattre leurs ennemis de l'intérieur ; ils s'en vont ensuite soumettre les Aquitains ; après cela seulement, ils exécutent la volonté de leur père et procèdent au partage du royaume ; ce qui ne doit pas les empêcher

de réunir encore leurs armes pour aller combattre, l'année suivante, d'autres ennemis des Francs *. Nous ne voyons pas ce qui, dans cette série de faits, aurait pu faire obstacle à ce que Bertrade demeurât en Austrasie, jusqu'à ce que Pépin prît possession de son royaume. Il est de toute probabilité, au contraire, que Bertrade y résidait lorsqu'elle donna le jour à son illustre fils, et qu'elle ne s'éloigna, pour,

Ëginhard; il ne fait du reste que copier les annales de Lorsch, qui sont tout aussi explicites : Regnum Francorum inter se in loco qui dicitur Vetus Pictavis... {Annales Laur. maj,, ad ann. 742, ap. Pertz, Monum. Germ, histor., t. I, p. 435.)

* M. Henaux cite un diplôme du 27 mai 742 (publié dans la collection des diplômes méroTingiens par Bréquigny, 2« éd., t. II, p. 468), duquel il résulte que Garloman et Pépin gouyemaient conjointement deux mois après la naissance de Gliarlemagne. {Sur la naissance de Charlemagne à Liège, édit. de 1859, p. 33.)

* Karlomannus et PippinuSj junctis copiis contra Odilonem ducem Baioariorum profecti sunt. (Einh. Annales, ad an. 743.) .

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