‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 75 sur 200 · LIVRE VIII, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE VI

bitants livrèrent la veuve et les enfants de Carloman. Il était plus difficile d'entrer dans Pavie ; Fart des sièges était d'ailleurs inconnu à cette époque ^. Charlemagne se voyant hors d'état d'emporter la place par la force, résolut d'affamer les assiégés. Il prit ses dispositions en conséquence, confia le commandement de l'armée à son oncle et se rendit à Rome, au printemps de l'année 774 *. Charles arriva dans la capitale du monde chrétien la veille de Pâques ; il y fut reçu avec toute la solennité due au patrice des Romains et au protecteur du Saint-Siège apostolique ^. Les chefs de la magistrature allèrent à sa rencontre avec les drapeaux de la ville, les prêtres avec leurs croix. La marche se dirigea vers l'église de S*- Pierre, à l'entrée de laquelle le pape l'attendait. Le roi et le pontife, après s'être embrassés, entrèrent ensemble dans l'église, au milieu des chants du clergé et du peuple. Ils se rendirent ensemble devant le tombeau de saint Pierre, et là le pape et lui se jurèrent une amitié inaltérable. Ce serment fut prêté en même temps par les principaux d'entre les Francs et les Romains *.

■ Ticenoque inclusum obsedit, et in obpugnatione civitatis, quia diffi* ciUs erat, totum hiberni temporis spacium multa moliendo consumpsit« (Einh. Annales, 773.)

« At rex, dimisso ad obsidionem atque expugnationem Ticeni exercitu, orandi gratia Romam proficiscitur. {Ibid, 774.)

* Sicut mos est td exarchum aut patricium suscipiendum, eum cum ingenti honore suscipi jussit. {Vita Hadriani, p. 185.)

^ Descendentes pariter ad corpus b. Pétri tam ipse sanctissimus papa quamqae antefatus excellentissimus Francorum rex cum judicibus Romt-

Le fait de cet engagement mutuel est incontestable ; on en trouve la preuve dans plusieurs lettres d'Adrien à Charlemagne, et même de Charlemagne au successeur d'Adrien \ Si l'on en croit Anastase, le biographe des papes, Charlemagne se serait fait représenter Facte de donation du roi Pépin, et en aurait fait dresser un nouveau contenant des concessions plus étendues *. Cette assertion n'a rien d'invraisemblable; cependant Éginhard se borne à dire qu'après la défaite des Lombards, le chef de l'Église romaine fut rétabli dans toutes les possessions qui lui avaient été enlevées ', La cour de Rome n'a jamais pu ou n'a jamais voulu produire aucun de ces actes, bien qu'elle les ait constamment invoqués. Peut-être les donateurs y avaient-ils stipulé quelque réserve concernant la souveraineté du territoire* C'est l'opinion de beaucoup d'auteurs modernes, notamment de

norum et Francorum seseque mutuo per sacramentum munientes, etc. {Vita Hadriani, p. 486.)

1 Voici quelques extraits des lettres du pape : In yestro permanentes tmore juxta quod inter nos prœsentialiter in aula apostolica confirmatum est. (Genni, N. 53, p. 329.) In eadem sponsione, qua in invicem ante sacram ejusdem Dei apostoli confessionem adnexi sumus, firmi atque incommutabiles diebus Titœ nostrœ cum universo nostro populo pennanere satagimus. {Ibid, N. 56, p. 339; 58, p. 348.) Quœ inter nos mutuo coram sacratissimo corpore. . Pétri confirmayimus atque stabilivimus. [Ibid, n. 6i, p. 361.) Charlemagne écrit également au pape Léon : Sicut enim cum beatissimo prœdecessore Testro sanctœ paternitatis pactum inii, sic cum beatitudine Testra ejusdem fidei et caritatis inviolabile fœdus statuere desidera. (Bouquet, t. V, p. 559.;

* Anastas. de Vita rom, Pontif., ap. Muratori, t. III.

* Et res a Langobardorum regibus ereptœ, Âdriano, Romanse secclesiœ rectori, restitutse. {Vita Kar, imp., c. VI.)

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