‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 76 sur 200 · LIVRE VIII, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE VI

M. Waitz *, qui se fonde sur des lettres du pape dans lesquelles il y est fait assez clairement allusion *. Avant de quitter Rome, Charlemagne reçut des mains du pape un recueil des canons dont se servait rÉglise romaine. Quelques auteurs ont pensé que cette collection n'était autre que celle des fausses décrétales, connue sous le titre de collection pseudoisidorienne ^. Cette opinion nous paraît extrêmement contestable. Le recueil remis par le pape à Charlemagne paraît avoir été adopté, en 789, à Aixla-Chapelle, comme code ecclésiastique de l'empire^; tout au moins est-il certain que le Codex Hadrianus fut considéré, au commencement du neuvième siècle, comme obligatoire dans tout Fempire ^ ; tandis que la collection pseudo-isidorienne doit avoir été conçue et exécutée dans Tintérét des évéques condamnés en 835, et spécialement del'évéque Ebbo, de Reims, qui, restauré en 840, avait été de nouveau démis de sa dignité ®.

1 Deutsche Verfassungsgeschichte, t. III, p. 466.

* Il avait envoyé à Imola et à Bologne un Missm, a qui... sacramenta in fide b. Pétri et nostra atque excellentise vestrœ a cuncto eorum populo susciperet. » (Cenni, 54, p. 334.) « Capuanos... jurare fecimus in fide... apostoli et nostra atque vestrœ regalis potentiœ. » [Ibid, 9i, p. 487.)

> Febronius, De statu Ecoles., p. 521 ; Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain, ch. 42 ; Hegewisch, Gesch, der Reg, Kaiser Karls des Grossen, Kap. 2.

* Voyez le grand capitulaire ecclésiastique de l'an 789, dans Baluze, 1. 1, p. 209, et suiv., et dans Pertz,t. I, p. 53.

* V. les Annales Lauriss. et la Chronic, Moiss, dans Pertz, Monum,, 1. 1, p. 39 et 306.

« Waitzsaecker, Die pseudo-isidorische Frage in ihrem gegenwaertigen

Gaillard fait une observation assez piquante au sujet de l'entrevue du pape Adrien et de Charlemagne. « On a remarqué, dit-il, que dans les remontrances et les prières qu'ils eurent occasion de s'adresser l'un à l'autre, celles de Charlemagne avaient toujours pour objet l'ordre spirituel, et celles du pape l'intérêt temporel : le prince laïque voulait toujours qu'on réformât quelques abus dans l'Église, le pontife, qu'on ajoutât au patrimoine de Saint- Pierre. On a remarqué encore que Charlemagne donna de grands domaines au pape, qui, de son côté, lui donna un petit livre, et qui, toutes les fois qu'il disait la messe, récitait, depuis ce temps, une oraison pour le roi des Francs *. »

VII. — Quand Charlemagne rejoignit son armée sous les murs de Pavie, cette ville était réduite à la dernière extrémité ; la famine commençait à y faire des ravages ; cependant Didier se défendait encore, mais sans espoir. Les habitants, qui souffraient, le forcèrent à capituler, ou plutôt ils le livrèrent, lui et les siens, à la discrétion du vainqueur. Didier et sa femme flirent envoyés en état de captivité à Liège, où ils furent confiés à la garde de l'évéque Agilfred, qui était parent de Charlemagne *. A la mort de ce pré-

Stànde, dans VHiêtoriscke Zeitschrift de M. Sybel, t. III, p. 42-96. Voyez aussi V Histoire des Carolingiens de Warnkoenig et Gérard, t. II, p. 250, et suit.

1 Histoire de Charlemagne, par Gaillard, t. II, p. 114.

» Annales Lobienses, ap. Pcrtz, t. II, p. 128; Chron Sigeb., ann. 774;

Page 1