‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 78 sur 200 · LIVRE VIII, CHAPITRE Vill 1G · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE Vill 1G

sur eux à Poitiers. Au temps de Charlemagne, ce peuple avait pour calife le célèbre Harun-al-Raschid, aussi grand dans Thistoire des Musulmans que Charlemagne dans celle des Chrétiens. Toutefois son immense empire tendait à se dissoudre. Déjà FEspagne avait secoué le joug du calife, sans cesser toutefois d'être sous la puissance des Sarrasins. Elle s'était fractionnée en devenant indépendante. Tous les gouverneurs s'étaient faits rois, et ils se querellaient entre eux. Quelques-uns vinrent trouver Charlemagne à Paderborn, en 777 ; ils voulaient que le roi des Francs les rétablît dans les États dont ils avaient été dépouillés par leurs voisins. Quelque étrange que fût cette proposition, Charlemagne y accéda. Il croyait sans doute que le moment n'était p^s venu de chasser les Sarrasins de l'Espagne, et qu'en attendant il pouvait être utile de les diviser, en prenant sous sa protection ceux que leurs voisins persécutaient.

Il franchit les Pyrénées, en 778, par la Navarre, tandis qu'un autre corps de troupes pénétrait en Espagne par le Roussillon *. L'une de ses armées prit Pampelune, l'autre Barceionne; toutes deux soumirent la Navarre, TAragon, la Catalogne. Charlemagne se rendit maître d'une grande partie de l'Espagne, d'une mer à l'autre et des montagnes jusqu'à l'Èbre; il mit le siège devant

* L'auteur principal, pour l'histoire de cette guerre, est Petrus de Marcha, dont l'ouvrage a pour titre : De marcha hispanicom

Saragosse, qui capitula en lui payant une rançon considérable; Gironne, Huesca, Jaca, lui ouvrirent successivement leurs portes. Il rétablit dans leurs États Ibn-el-Ârabi, le plus considérable des rois qui s'étaient mis sous sa protection, Abithener et d'autres petits princes arabes. Tous le reconnurent pour leur protecteur et leur suzerain ; comme gage de leur fidélité ils lui offrirent des otages. Charlemagne exigea que les populations chrétiennes fussent affranchies du tribut qu'elles payaient aux Musulmans. Revenu à Pampelune, il fit raser les murailles de cette ville, pour la mettre dans l'impuissance de se révolter. Après avoir établi des comtes francs dans les villes de la Marche espagnole, Charles ramenait son armée, sans avoir éprouvé aucune perte, lorsqu'il fut attaqué par les Gascons dans la vallée de Roscida, entre Pampelune et Saint-Jean-Pied de Port. C'est là qu'eut lieu la fameuse bataille de Roneevaux où périt le célèbre Roland, qui joue un si grand rôle dans les épopées carolingiennes. Les historiens espagnols ont singulièrement exagéré l'importance de cette affaire.

Loup II, qui n'était pas fils de Loup P% mais de Waifre, et petit-fils d'Hunold, duc d'Aquitaine, se trouvait alors en possession du duché de Gascogne. On sait quels motifs d'intérêt et de vengeance devaient l'animer contre Charlemagne. Cependant il avait respecté la marche des Francs à leur entrée en Espagne; mais il se réservait de les attendre au

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