‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 91 sur 200 · LIVRE Vin, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE Vin, CHAPITRE XV

trèrent en Hongrie et remportèrent de nouveaux avantages. Ils se saisirent de Tudun, qui fut mis & mort comme vassal infidèle.

Pépin vint rejoindre son père à Aix-la-Chapelle en 796, et lui présenta les dépouilles des Avares qu'il avait rapportées avec lui. On prétend que les trésors provenus de cette expédition occasionnèrent dans tout l'empire un renchérissement subit des denrées, en dépréciant d'une manière sensible les valeurs métalliques *. La livre d'argent, qui d'après les calculs de M. Guérard, avait valu, de l'année 779 à 799, neuf cent trente trois francs de notre monnaie, n'avait plus, vers l'an 800, qu'une valeur réduite à six cent trente huit francs et trente centimes *. Cette guerre eut encore un autre résultat, beaucoup plus important : on peut dire qu'à dater de cette époque les États de Charlemagne furent étendus jusqu'au confluent du Danube avec la Theiss et la Save. Toutefois la Hongrie fut moins une partie intégrante de la monarchie qu'une province qui en dépendait. Les Avares conservèrent leur propre constitution, leur Chagan ou leur Khan particulier ; mais celui-ci, en parvenant au pouvoir, devait être confirmé par le roi des Francs et lui prêter, comme vassal, serment de fidélité.

XV. — Après cette dernière conquête, il ne restait plus qu'à proclamer l'empire. Tous les projets de Charlemagne avaient reçu leur exécution ; il était le

^ M. Teulet, note de sa traduction des Œuvres d'Bginhard, * Revue de numismatique, 1. 1, p. 432 et 440.

plusgrand monarque de TEurope, jouissant d'une gloire sans exemple parmi les rois de sa nation, commandant le respect à tous ses contemporains, même aux calires de TÂsie. Un souverain aussi puissant et à qui son siècle avait déjà décerné le titre de grand, ne pouvait pas être comparé aux anciens rois des Francs et des Lombards; tout le monde devait se dire qu'il était pour ses vastes États ce qu'avaient été les empereurs romains; on devait en un mot le considérer comme le restaurateur de l'empire d'Occident. Il ne fallait qu'une proclamation solennelle pour lui donner légalement ce litre, et celte proclamation ne pouvait être faite que par le pontife de Rome qui, un demi-siècle auparavant, avait transformé en royautédedroit la royauté de fait de Pépin le Bref. Les circonstances qui préparèrent l'accomplissement de cet acte solennel sont fort curieuses ; elles méritent bien de fixer un moment notre attention.

Le pape Adrien était mort le 18 décembre 795; Léon III fut élu le lendemain pour lui succéder. Une élection aussi prompte devait avoir été préparée par quelque intrigue que nous ne connaissons pas : car à cette époque les papes étaient élus par l'assemblée réunie du clergé et du peuple romain; pour que ce mode d'élection produisit un résultat aussi rapide , il fallait que les partisans de Léon eussent organisé ce qu'on appelle vulgairement un coup monté. Au reste la manière dont les choses se passaient habituellement à Rome autorise toutes les suppositions.

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