‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 92 sur 200 · LIVRE VIH, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE VIH, CHAPITRE XV

Nous trouvons à ce sujet des détails fort intéressants dans un ouvrage que nous avons déjà eu Toccasion de citer :

« De 890 à 795, c'est-à-dire de l'élection de Grégoire I" à Léon III, le pontificat était une dignité dont nous ne pouvons donner une idée exacte. Le pape était élu militairement, à peu près comme les pachas des Barbaresques. Le clergé, la noblesse et le peuple se réunissaient armés sur une place ou dans une église, chacun sous la bannière de son quartier, de son école ou frérie, chaque bande conduite par ses chefs, nommés juges. Si l'on ne tombait pas d'accord sur le candidat, les partis décidaient la question à coups de sabre ou de hallebarde. L'élection faite, le nouveau pontife montait à cheval, et, conduit processionellement à l'église de Saint-Jean-de-Latran, il y était intronisé. La procession était un mélange de militaires et de religieux. Avec les étendards de guerre marchaient les croix et les bannières de paroisse. Avec les sons belliqueux des trompettes se confondaient les antiennes et les psaumes. Au milieu d'hommes armés chevauchaient les prêtres en tunique et en étole. La troupe était précédée d'enfants des deux sexes vêtus de blanc, portant en main des branches d'oliviers ; et pendant que les soldats entonnaient les chants guerriers, le chœur des femmes répétait des litanies ^. »

' Biographie defra Paolo Sarpi, p. 122.

Dès qu'il fut élu, Léon III, qui sentait le besoin d'être soutenu par Charlemagne, se hâta de lui envoyer une députation pour rinformer de son avènement et pour lui remettre les clefs du tombeau de Saint-Pierre, ainsi que le drapeau de la ville de Rome ^ Les députés du pape prièrent le monarque d'envoyer un de ses principaux officiers pour recevoir le serment de fidélité et d'obéissance du peuple romain 2.

Charlemagne leur envoya Angilbert, abbé du monastère de St-Riquier, et le chargea de porter à Rome une grande partie des trésors qui avaient été enlevés dans la résidence royale du chef des Avares ^. Les instructions données à Angilbert sont parvenues jusqu'à nous; elles lui recommandaient de s'entendre avec le nouveau pape, et de rendre, s'il était possible, encore plus parfaite l'harmonie qui, s'étant établie entre Adrien î" et le roi, avait été si avantageuse pour l'un et pour l'autre ^. Nous possédons aussi les lettres adressées à cette occasion par Charlemagne à Léon III. Le roi exprime le vœu de renouveler avec lui l'alliance qu'il avait faite avec son prédécesseur *.

1 Léo, mox in locum ejus successit, misit legatos cum muneribus ad regem, clayes etiam confessionis S. Pétri et vexillum Romanœ urbis eidem direxit. {Ànn, Laur. maj,, 796.)

* Rogayitque ut aliquem de suis optimatibus Romam mitteret, qui populum Romanum ad suam fidem atque subjectionem per sacramenta firmaret. (Einh. Annales, 796.)

' Einh. Annalesj 796.

* Hegewiscb, Geich, der Reg. Kais. Karls des Grossen, p, 248.

( Sicut enim cum beatissimo prsedecessore Testro sanct» paternitatis

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