LIVRE VIII, CHAPITRE XV
Il prend rengagement de défendre la Sainte Église du Christ contre les païens et les incrédules du dehors, et de maintenir au dedans la croyance catholique. Il demande au très-saint Père de Tassister de ses prières. Il lui dit aussi combien il est satisfait de ses promesses et combien il compte sur sa fidélité *.
Malgré la protection de Charlemagne, le pape Léon faillit être victime de la haine que lui avaient vouée les parents de son prédécesseur. Paschalis et Gampulus, qui occupaient les principales dignités ecclésiastiques de Rome, et qui peut-être avaient espéré de succéder à Adrien, le firent tomber dans un abominable guet-à-pens. Le î28 avril 799, ils accompagnaient Léon se rendant à pied de l'église de St-Jeande-Latran à celle de St-Laurent, où le clergé devait se réunir pour une procession ; tout à coup des gens armés s'élancent d'une maison voisine ; ils mettent en fuite les personnes qui entouraient le Saint-Père ; celui-ci est frappé, foulé aux pieds et Irainé dans l'église d'un monastère. Anastase raconte qu'on lui arracha les yeux et qu'on lui coupa la lange, mais qu'un miracle lui fit recouvrer à l'instant la vue et la parole. Léon fut retenu prisonnier; cependant, à l'aide de quelques amis, il parvint à s'échapper de
pactum inîi, sic cum beatitudine vestra ejusdem fidei et caritatis inviolabile fœdus statuere desidero. (Bouquet, V, p. 559.^
1 Gavisi sumus seu in electionis unanimitate seu in humilitatis nostrae obedientia et in promissionis ad nos fidelitate. bouquet, t. V, p. 625.)
sa prison et se réfugia à Spolèle, d'où il fit connaître à Charlemagne ce qui venait de lui arriver. Le roi, qui dans ce moment faisait la guerre aux Saxons, rengagea à venir le trouver à Paderborn ; ce qu'il fit effectivement.
Le poëte saxon nous a laissé une description pittoresque de l'entrevue du roi et du pape à Paderborn. « Charles, dit-il, se promène joyeux au milieu du camp; son front est protégé par un casque d'or, des armes brillantes défendent sa poitrine, et il est porté sur un cheval d'une taille extraordinaire. Devant le camp s'étendent en foule les prêtres, divisés en trois parties ; ils portent devant eux les étendards sacrés de la croix, et tout le monde, clercs et laïques, attendent avec impatience le pontife. L'on apprend bientôt qu'il s'avance, accompagné de Pépin ; alors Charles fait former un grand cercle et divise son armée comme une ville; lui-même, placé au milieu du rond, attend avec joie la venue du pontife ; sa haute taille surpasse celle de tous ceux qui l'entourent, et domino tout le peuple. Mais déjà le pape a atteint la troupe extérieure, dont les costumes, la langue, les habillements et les armes diverses excitent son étonnement : ces troupes étaient formées de soldats venus de toutes les parties du monde. Aussitôt Charles se hâte d'aller le saluer avec un profond respect ; il l'embrasse et le baise à la bouche; leurs mains se joignent, et c'est d'un pas égal qu'ils marchent, mêlant leur discours de mots flatteurs. L'armée entière