‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 106 sur 196 · LIVRE IV (569-6t · texte numérisé non relu

LIVRE IV (569-6t

sa sollicitation et par ses conseils ^ j'en vois peu d'apparence et n'y ai point foi « Les Lombards, peuple Scandinave, selon quelque6<ins (1); selon Tacite^ de race suève et germaine (2) , s'étaient établis , soitô le règne de Justinien^ dans utie partie de la Pannonie et dé la Norîque (â). C'était une nation entreprenante, cherchant la guerre, hidocile au joug (4)« Us venaient de vaincre «t d'exterminer les Gépides, lorsqu'affranchis de la crainte que leur imprimait f habileté de JVarsés, ils résolurent d'aller envahir l'Italie. Ils par* tii*eni au nombre de deux cent mille, conduits par leur roi Alboin» Moins de quatre ans leur suffirent pour cette conquête* A peine si Ravenne et Rome purent se soustraire^ leur domination* Longin, rassemblant à Ratenne les derniers restes de la puissance des Grec , y fonda et commença l'exarchat, faible dignité , principauté toujours menacée, et qui se main^ tint toutefois près dé deux cents ans (5).

Bientôt périt Alboin. 11 avait, n'étant pas encore roi, gâ^é une première bataille contre les Gépides,

(i) Baiàt !hwsf»«r, f rédegàirô, l^aùl diéttt, AyÉnbirt, Ûrbtim. (a) Bc Mer. Germ. i iîw ^, 89, ^o.

(3) Procope. De beli. Groth. , lib. 3, cap. 3S.

(4) Langobardos paacitas nobihtat, quod plurimis ac valentissimis na«> ttooibu^ eiàeti, tton pèr obtequitiitt, sed prteliîs et péri4Iita)ndé tuti sant. (Taeite. De Môr.Grerâi. ^ cap^. 40)

Ils tiraient leur nom de leur barbe, qu'ils portaient longue et touffue. « CeftUià est Laïigobardos , ab intacfte ferro barbaB longitùdiné, itâ MfOfttiâoduni «{^(lièilatM. Nani juMà iltortiAi i^ft^Éi lyAK«, Un^ém^ » Baert, budum significat. » (Paul diacre, lib. 1, cap. 9.)

Leur ancien nom était Winiii.

(5) De 568 à 76^.

et tùé de sa main le Gis du roi ennemi. Depuis, il avait succédé au trône, et lé roi gépide étant mort, un second Gis de ce prince lui avait aussi succédé. C'était avec lui qu'avait'été essuyée la dernière défaite des Gépides, et, par une fatalité inouïe, les deux chefs s'étant rencontrés dans la mêlée , celui des Gépides avait été, comme son frère , tué de la main ' même du ^ roi lombard. • , ..

Le roi gépide avait une 611e, que la victoire mit à la merci d'Alboin. Elle avait nom Rosimonde. (l)t'et son cœur ardent et altier n'était point étranger aux sentimens généreux. Comme Clotsinde ' était; morte, et qu'Âlboin n'avait plus de femme, un funeste çatcul lui persuada d'accorder ce rang à sa prisonnière. Elle ' ne le reçut qu'à titre d'outrage, et se vit avec horreur dans les bras du meurtrier de son oncle et de son père.Ces peuples conservaient encore,"dans ce temps, d'odieuses traces de leur première barbarie. Quand leur ennemi avait succombé, ils se faisaient de sa tête, un noble trophée, et, dans leurs festins , c'était la coupe d'honneur. Un jour, que ses chefs de guêtre étaient conviés à sa table , Alboin, dans la chaleur de l'ivresse, osa bien contraindre la reine à boire comme eux à Fhorrible coupe : c'était le crâne de son père ! Rosimonde, après cette atroce injure , ne pardonna plus, et ne vécut que de sa haine. Qu'elle fût vengée, et qu'on y mît le prix qu'on voudrait; sa gloire était de punir ; son honneur, c'était sa vengeance. Elle sé«

(i) Nomine Rosimundam. ( Paul diacre, liy. i, cliap. 17.}

Page 1