CHAPITRE IX
MEROVBE (577).
Chilpcric déplorait amèrement sa défaite. La honte aigrissait en lui la colère, l'impuissance redoublait la
honte. Tourmenté d^un insatiable besoin de vengeance , il flottait, cherchant en quel lieu la prendre , et par quels moyens Tobtenir. Les armes l'y avaient mal servi, et ne lui donnaient plus , après tant de pertes, d'assez prochaines espérances. Ce fut au fatal génie de Frédegonde d y suppléer. Elle s'était promis dès long-temps que les fils d'Audovère ne régneraient pas. Théodebert, le premier, avait disparu. L'occasion était belle : encore un pas, et il ne resterait qu'un obstacle entre ses propres fils et le trône.
Chilpéric fut^onc averti de tourner ses craintes et ses ressentimens contre Mérovée. «c C'était lui qui » avait excité la guerre, et à qui le désastre de Limoges » devait être attribué. C'était par lui qu'étaient encou- » ragées l'ambition et les entreprises de Brunehault. » C'était pour se réunir, et que leur mariage se per- « pétuant, elle conservât l'espérance, pour laquelle » elle l'avait contracté, de régner bientôt à Boissons. »
Le roi n'était que trop facile à convaincre. Ses ressentimens n'étaient injustes qu^ par leur excès , et dans la fureur qui le possédait, tout conseil serait écouté s'il lui promettait la vengeance. Il crut la trouver légitime et forte dans les artificieuses insinuations de Frédegonde. Il châtieraitla révolte de son fils, il se délivrerait d'un compétiteur impatient de le dépouiller; il ferait évanouir les espérances de Brunehault; il se vengerait d'elle, daps ses affections peutêtre, dans son ambition à coup sûr ; il extirperait jusqu'au dernier prétexte de guérite : c'était son droit ; même son devoir. Et ce malheureux prince, qu'un dé-
testable orgueil enivrait , frustré de lout autre espoir de Tengeance , osa bien s'en dédommager sur son propre fils. Il le dégrada du titre de roi; lui fit couper sa chevelure flottante ^ et substituant la force où manquait le consentement , il le contraignit k subir Tordination. Il en fit donc un clerc , et ordonna qu'on Tallât enfermer dans le monastère de Saint-Calais , qui était au pays du Maine.
Gontran-Boson , toujours menacé par Chilpéric , pour le meurtre de Théodebert , quoique protégé par Frédegonde en secret, pour la même cause, Gontran- Boson n'avait eu garde de quitter Tasile de Saint- Martin. Ayant entendu la cruelle aventure de Mérovée, il eut la pensée d'attirer à lui ce jeune prince , jugeant qu'iMui serait facile de le dominer, et de le faire servir, suivant l'occurrence, aux desseins que son propre avantage lui suggérerait. Boson avait plus de ruse que de loyauté , et moins de fidélité que de prudence. Il envoya le sous-diacre Riculphe h Mérovée pour lui donner le conseil de se dérober à ses gardes pendant la route , et de se réfugier, sitôt qu'il serait libre, dans la basilique de Tours. Mérovée, à qui toute espérance manquait , prit celle-ci sans délibérer. lien fit donner avis à l'un de ses seVviteurs du nom de Gailen. Gailen, homme dévoué et plein de courage , se posta, avec quelques autres , dans un lieu favorable pour les em-* buscades , et quand les gardes passèrent , sans regarder au nombre , il se rua sur eux , les rompit fft les dispersa. Mérovée, ainsi délivré, quitta aussitôt l'indigne habit dont on Tavait violemment revêtu , et
prit rapidement le chemin de Tours. Il y arriva sans obstacle, et s'introduisit dans Téglise de Saint-Martin avant qu^on eût aucun soupçon de son approche. En ce moment l'évéque Grégoire célébrait la messe dans la basilique. Ragnemode était présent, qui, après la mort de Germain, avait été élevé à l'évêché de Paris. La messe achevée, le prince se fit reconnaître, et prétendit qu'on lui devait donner les eulogies (1). Les évêques, fort épouvantés, répondirent d'abord par des refus. Mais Mérovée insistant et menaçant d'avoir recours à la violence , cette peur actuelle et présente l'emportant sur la peur éloignée des ressentimens de Chilpéric, ils se résignèrent. 11 ne leur parut pas qu'il leur fût permis de retrancher arbitrairement le fils du roi de la communion des chrétiens. Le prince donc obtint ce qu'il exigeait, et la terreur de Chilpéric fut insuffisante pour le préserver de cette offense.
Il ne la ressentit que plus aigrement. Grégoire ayant envoyé son diacre et son neveu Nicet à Soissons, pour informer le roi de la fuite de Mérovée et de ses vio-
(i) Solebant olim episcopi in praecipuis solemnitatibus , ut in Pa<ichate , aut natali Domini , Utteris coëpiscopos , xeges et aoiicos visitarc , et euloçias mittere. Eulogia verô benedictio est ; atque ctiam res quœcunque, sive panis, &eu sal, seu vinutn , aut aliud ejus modi cui bene- <lictio illa accessit, Eulogia dicitur. EulogisB quidem nomine sal aut pa> iieni catechumcois datum fuisse loco comniunionis , ex synodo carlhaginunsi et beato Augustino notât Fr. Pithœus, in Glossario. Undè et loco communioois quae singulis d^mintcis diebus liebat, posteà reçeptum est ut panis beuedictus fildelibus non communicantibus daretur. ( Jérôino Bignon, Notes sur Marculfe.)
Voyez aussi le 42« chapitre du deuxième livre do Marculfe.
lences,Frédegonde les fit saisir, dépouiller et condaraner à l'exil » les prétendant espions du prince. Le roi à son tour envoya des messagers à l'évêque , qui lui apportaient l'ordre d'arracher Mérovée de son asile, alléguant qu'il avait apostasie , et que , déserteur de l'église, il n'avait aucun droit à sa protection. Mais Grégoire résista courageusement, er dit « qu'on ne » pouvait faire, en un temps chrétien , ce que l'hérésie, » en son temps, n'avait osé faire. » Chilpéric, de plus en plus irrité , fît marcher des troupes en Touraioe, qui y commirent de grandes dévastations.
En même temps, Mérovée délibérait, et ne savait à quel parti s'arrêter. La crainte, la haine, Tanjibition obsédaient et se partageaient son esprit. Tantôt le spectacle des maux que souffraient ceux de Tours à cause de lui, l'excitait à de généreuses résolutions. Il était presque las et presque honteux de cet asile, et il méditait avec Boson de s'enfuir à Metz. Alors il veillait, priait, pleurait au sépulcre de saint Martin, et y apportait tout ce qu'il avait de présens, implorant le saint pour qu'il le protégeât , et le secondât, et lui aidât à se mettre en possession du royaume. D'autres fois, emporté par le ressentiment de ses droits et de ses malheurs, il éclatait en téméraires disëours contre Frédegonde et contre le roi. Sacrilège fils, au lieu d'étendre le voile sur les crimes de son père, il le soulevait. Un jour que l'évêque Grégoire avait été invité à sa table, l'envie le prit, suivant l'habitude du temps, de le prier d'ouvrir les saints livres, et de lui en lire quelques passages. L'évêque obéit, et le hasard ayant
lait que les Proverbes de Salomon s'offrissent k lui, il lut aussitôt ces redoutables {)aroles : « L'œil de celui » qui outrage son père, qu'il soit arraché par les cor- » beaux des torrens, et que les fils de l'aigle en fassent » leur proie (1)« » Sinistre présage, et dont Grégoire lui-même s'effraya cofnme d'une sentence du ciel contre Mérovée.
De son côté Chilpéric (étrange crédulité en un esprit qui ne manquait ni de pénétration ni de force), ne pouvant souffrir qu'il y eût un lieu de sa domination dont l'accès lui' fût interdit , et d'où ses ennemis pussent le braver, imagina, peur concilier ses craintes qui le dissuadaient d'agir, et ses ressentimens qui l'y excitaient, d'écrire solennellement au saint protecteur de l'asilej et de lui demander qu'il en permît cette fois la violation. Le diacre Baudégésite vint donc à Tours par l'ordre du roi. Il était porteur de la lettre qu'envoyait ce prince , et il l'alla déposer au tombeau du saint , avec de grands témoignages de vénération et de confiance. Il mit aussi des feuilles de papier blanc auprès de la lettre, ne doutant point que le saint n'y dût écrire sa réponse. Toutefois, il en arriva autrement. Trois jours s'écoulèrent, et saint Martin s'obstinant à ne pas répondre, Chilpéric, qui avait cru sortir de ses doutes, en fut plus troublé que jamais.
Boson lui-même , quoiqu'il ne fût ni malhabile ni
(i) Oculum qui subsannat patrem, et qui despicit partum matris sus, effodiant eum corvi de torrentibus, et comedant euni fîlii aquilx. (Prov., cap. 3o, vers 17.)
timide, se ressentait aussi des superstitions de son siècle, et n'était pas entièreinent exempt de crédulité. Il y avait alors une femme qui faisait profession d'interroger et de prophétiser l'avenir. 11 assurait qu'au temps du roi Charibert, celte femme lui avait trèsexactement annoncé le jour et l'heure même de la mort du prince. Rendu maintenant, par ses intrigues et par ses dangers, plus inquiet et plus curieux encore des événemens à venir, il tenta de nouveau la surnaturelle science de la prophélesse, et lui envoya de ses serviteurs, pourqu'elle leur dît ce qu'il pouvait espérer. Elle ne balança point, et l'oracle qu'elle prononça n'était point obscur. « Chilpéric mourrait dans l'an- » née. Mérovée lui succéderait. Contran gouvernerait » cinq ans entiers le royaume. Ce temps écoulé, il » serait évêque, et il mourrait plein de jours. « On eût pu croire que de si favorables promesses attacheraient Coniran-Boson plus étroitement à la fortune de Mérovée.
Mais qui se peut assurer en la droiture -de l'homme asservi à son ambition ? Le bruit s'était sourdement répandu que l'évêque Grégoire avait eu une vision ; qu'une nuit, après qu'il eut célébré les vigiles, comme il venait de se livrer au sommeil, un ange lui était apparu, qui, s'élevant au-dessus de la basilique, criait d'une voix sinistre et retentissante : « Malheur sur » vous ! car Dieu a frappé Chilpéric , et avec lui tous » ses (ils , et il n'en restera aucun de ceux qui sont » sortis de ses reins ! » Outre cela Mérovée, toujours plus affligé et plus incertain, doutant de son sort,
doutant de hii-même , n^osant se fier'aux révélations de la prophétesse, avait voulu en éprouver l'exactitude par le sort des saints (1). Il avait jeune et prié; il avait passé trois nuits dans la basilique ; on avait apporté au tombeau de saint Martin le livre des Rois , les livres des Psaumes , celui des Apôtres ; et quand il avait fallu les ouvrir, toutes les réponses s'étaient trouvées menaçantes. La confiance de Boson s'en affaiblissait, et avec elle sa fidélité.
Il n'avait point cessé d'entretenir de secrètes intelligences avec Frédegonde. Celle-ci, le sachant de facile accès pour la trahison , lui envoya un message. Elle demandait qu'il persuadât à Mérovée de sortir de la basilique , et fournit ainsi aux gens qu'elle aposterait l'occasion de tuer ce malheureux prince. « Elle » paierait généreusement ce service, et de riches dons » en seraient le prix. » Boson s'effraya et se réjouit. Il vit de quel appui il se priverait par un refus , et quel implacable dépit il exciterait. Il réfléchit quels droits et quels avantages il acquerrait en obtempérant. Soit crainte ou avidité , ou l'un et l'autre ensemble, il obtempéra. Son langage donc changea insensiblement avec Mérovée. Au lieu de l'invariable circonspection , si long-temps vantée et recommandée , ses entretiens actuels n'étaient plus que de sécurité.et de confiance : « Qu'il était malséant de languir dans l'oi- » siveté, fâcheux pour sa gloire de faire voir tant d'a- » battement , indigne de lui d'être timidement renfer-
(i) Voyez la note du livre premier, page 64.
» mé dans rétroite enceinte d^une église. La chasse » n^ayait-elle plus d'agrémens pour lui? Quel obstacle » empêchait qu'il ne s'y livrât? Qui l'y pourrait trou- » hier? Qui l'oserait? » Mérovée se laissa aisément séduire ; son inclination aidait aux sollicitations de Contran. Il sortit donc et s'avança jusqu'à Jouai, maison bâtie sur les bords du Cher. Le lieu était favorable et l'occasion belle ; cependant l'odieux projet né réussit point. Les gens apostés par Frédegonde , le moment arrivé, manquèrent de résolution , et le prince , déjà engagé dans le piège , en sortit sans l'avoir même soupçonné.
Mais d'autres embûches lui furent dressées par Leudaste. Leudaste était comte de Tours , serviteur de Frédegonde et très-attentif à lui complaire* Chaque jour, quand les gens de Mérovée s'éloignaient de la basilique , ceux du comte se précipitaient sur eux , et les accablaient. Beaucoup y'périrent , et il s'en faillit de peu que le prince lui-même ne fût du nombre. Irrité de ces violences, il attendait impatiemment l'occasion d'en châtier les auteurs. Advint queMariléïphe, premier médecin de Chilpéric, fut, pour son malheur, amené à Tours. Mérovée agréa cet homme, et le trouva suffisant et bon pour ses représailles. Il réussit à le surprendre et à le saisir, et, quand il l'eut à sa discrétion , il en usa sans miséricorde. Tout l'or et tout l'argent qu'il apportait lui fut d'abord enlevé ; ce fut la moindre violence et le moindre outrage. Ensuite ' on lui ôta ses habits , et le plus ignominieux traitement lui fut infligé. On Fallait faire périr quand l'é- 1. 19
vêque Gi*égoire accourut , intercéda pour sa vie et la préserva.
.Cepeudanl le danger croissait ; l'armée de Ghilpéric continuait ses ravages ; la haine de Frédegonde ne se ralentissait pas. Le moment vint où Mérovée cessa de croire que Tasile serait respecté, et où Gontran* Boson à son tour, n'ayant pu servir Frédegonde ainsi qu'elle l'espérait , eessa de compter sur la durée et sur refBcaeité de sa protection. Ils prirent la résolu* tion de tenter la fuite» et d'essayer Vils ne pourraient pas parvaiir jusqu'en Austrasie. Ils partirent donc , et leurs commencemens ne furent point malheureux • Déjà même ils avaient achevé de passer les terres de Soissons et «e croyaient comme en sûreté, lorsque arrivés à Auxerre, ville du roi de Bourgogne, le duc Ërpon , quien était gouverneur, s'opposa à eux et s'obs* tina à les retenir. Il ne les retint toutefois qu'imparfaittement; car après quelques jours ils se dérobèrent, et trouvèrent encore un asile respecté et accrédité, où ils se réfugièrent. C'était l'église de Saint-Germain. Ils s'y arrêtèrent deux mois ; après quoi ils s'en reti* rèrent , et , suivant toujours leur premier dessein , ils eurent enGn la consolation d'atteindre les terres d'Austrasie. Erpon porta Ja^peine de sa double faote. • Puisque tu l'arrêtais, dit le roi de Bourgogne, il le » fallait retenir; et puisque tu ne le devais pas re^ » tenir, il ne fallait pas l'arrêter. » Il perdit son gouvernement et paya au fisc du roi sept cents pièces d'or-
Qui n'eût cru Mérovée au terme de ses dangers et
de ses malheurs? Mais bien loin de là»; ils suivaient leur cours. Ce royaume ami , où il devait infailliblement trouver le repos , le lui refusa. Brunehault, si impatiente de s^unir k lui, si intéressée à sa conservation et à sa défense , se trouva sans pouvoir pour lui £aiire ouvrir même un asile. L'ambition des régens s'effraya* Ils craignirent que Mérovée admis et établi à la cour, te ne fût^ pour Brunehaulf , un trop fort appui^ qui la rendit plus confiante à lutter contre eux, et plus obstinée à les supplanter. Chilpéric, d'ailleurs, menaçait. Ses pertes de Limoges étaient déjà réparées. Déjà son armée entraiten Champagne, et quoique, par un effort singulier de modération et de prévoyance , elle affectât de n'y commettre aucun désordre, et marchât plutôt comme alliée que comme ennemie, il était facile de prévoir ce qui adviendrait si l'on n'écartait promptement la cause- de ces dangereuses démonstrations. Tant s'en faut aussi que le peuple montrât pour les intérêts de Mérovée, le même empressement qu'il montrait naguère pour ceux de la reine. Il voyait ce prince comme avec une sorte de défiance et de jalousie, craignant que l'autorité de son jeune roi n'en fût menacée, et que Brunehault, irritée de ne pas régner pour son fils^ n'aspirât quelque jour à régner avec son mari. Tout s'élevait donc contre Mérovée, et ce malheureux pf ince, trahi par ses plus Intimes espérances, sortit fugitif d'un royaume où tant de vœux semblaient l'appeler.
Il erra long-temps, lui, fils d'un roi, héritier d'un trône , époux d'une reine, il erra comme un vulgaire
proscrit, qui n'a plus d^ami qui consente à le reconnaître, ni de refuge où la pitié yeuilie racciieillir. Enfin, comme il se tenait caché dans un lieu recule de la Champagne Rémoise, les habitans de Thérouanne rayant découvert, envoyèrent vers lui pour lui dire qu'il vînt sur leurs terrés, et qu'ils abjureraient l'obéissance de Chilpéric , et qu'ils se soumettraient à la sienne* On assure que Gontran-Boson, et l'archevêque de Reims, iïlgidius, qui bien qu'associé à la régence d'Austrasie, ne laissait pas d'entretenir d'anciens engagemens avec Frédegonde, étaient les instigateurs secrets de cette odieuse trahison. N'osant, dans sa misérable fortune, mépriser des offres si séduisantes et si favorables, Mérovée prit la funeste résolution de les accepter. Il partit donc, n'ayant avec lui qu'un petit nombre dé ses plus dévoués serviteurs. vArrivé sur le territoire de Thérouanne, il se laissa persuader d'entrerdans une ferme pour s'y reposer. Mais à peine en eut-il passé le seuil, qu'une grosse troupe de gens armés l'investit. Au même moment des messagers se mirent en route pour en aller faire le récit au roi Chilpéric. Le roi, cette nouvelle reçue, partit luimême pour ôter à son fils le temps de s'arracher aux mains de ceux qui le retenaient. Mais cette fois, la précaution était inutile. Frédegonde, plus prompte que lui, l'avait devancé, et en avait pris de plus efficaces. Lorsque Chilpéric arriva, son fils expirait. On répandit le bruit qu'effrayé du sort auquel il se croyait réservé, le jeune prince avait exigé de l'un de ses serviteurs qu'il le perçât de son épée. Fable grossièrei
el trop souvent répétée, dont les peuplessont rarement dupes, et qui n'eut guère plus de succès dans cette occasion, qu'elle n'en a' obtenu dans des temps moins crédules et plus éclairés. D'exécrables vengeances suivirent* Gaïlen, celui qui avait autrefois délivré te prince, quand oi^ l'emmenait au monastère de Saint- Calais, on lui coupa les mains, les pieds, les oreilles et les narines, et on le fît périr dans les plus barbares tourmens. Grindion fut mis au supplice de la roue. On trancha la tête à Gucilian, qui avait été maire du palais du roi Sigebert. La plupart de ceux qui étaient 9vec Mérovée furent mis à mort.