CHAPITRE XVL
INGONDE — RIGONTHE (582-584).
Mais il manquait à ces espérances du roi de Soissens , leur plus solide et plus favorable fondement. Outre qu'iEgidius , de qui il avait été souvent servi , rarement trahi, ne gouvernait plus PAustrasie, il était né successivement deux fils à là reine. C'était la mort des trois autres , et Théritage de Chilpéric of- I. 23
.35i HISTOIRE DES FRANCS.
fert inopinément à son ambition , qui avaient dëlacbé Childebert de sa première alliance avec Contran. Maintenant, qu'il y avait un autre héritier à Soissons, ce n'était plus qu'à la succession de Bourgogne que pouvaient tendre les vœux et les déterminations de ce jeune roi. Aucun intérêt ne l'engageait plus à suspendre l'attaque des.ivilles qu'il avait perdues. Il y avait un motif de plus pour rester dans l'amitié de-Gon* tran ; il y.en avait un de moins pour rechercher celle de Chilpéric. ^ : , .
Le premier de ces fils qu'obtint tî*rédegonde , reçut le nom de Théodoric. La joie fut grande à Soissons, et, de nombreuses libéralités célébrèrent cet événement. Ceux à qui des gardes (1) étaient imposés devinrent libres ; à ceux qui étaient dans les pri&ons on leur ôta leurs chaînes ; les vieilles dettes envoies' le fisc , on les abolit. Mais ce prince ne vécut guère plus d'une année, et le même mal dont avaient péri ses frères le fit mourir.
Comme sa naissance presque inespérée avait été pour Frédegonde un bonheur immense , sa perte non moins imprévue lui fut aussi une immense et accablante douleur. Mais toutes les impressions de cette ame farouche étaient menaçantes ; tous ses malheurs enfantaient d'autres malheurs; toutes ses douleurs s'allaient perdre dans la haine et dans la vengeance.
(i) Libéra cu^fo^ia. Les. personnes d*ane condition élevée étaient le plus souvent dispensées de la prison. On se contentait de les remettre à la garde d'un magistrat. C'était un usage porté de Rome dans les Gaules.