LIVRE V (Ô
» vienne des conditions du partage. Nul de nous ne » devait entrera Paris sans le consenlement de ses » frères. Nous en avions pris à témoins le saint mar- » lyr Polyeucte , et les saints confesseurs Hilaire et » Mailin. L'inCracteur de cette promesse en devait » ctre puni par la privation de sa part. Çigebert Pen- » freignit ; sa part est perdue. Chilpéric Fimita ; il à » encouru la même peine. Je mettrai en ma puissance » tout le royaume et toutes les richesses de Chari- » bert. Aucun n'en recevra rien , que ce qu'il me » plaira d'en distribuer. Retournez donc y et dites ce » que j ai résolu. »
Childebert insista , et il envoya d'autres députés. Mais ceux-ci apportaient une nouvelle demande. Ils voulaient quW leur livrât Frédegonde, l'accusant hautement du meurtre de Galsuinthe , de Sigebert , de Théodebert , de Mérovée , de Chlovis et de Chilpéric. Contran n accorda rien ; mais ce fut en cette occasion que fut convenu le plaid général dont parlèrent les envoyés de Poitou, et dans lequel devaient s'accorder tous les différends des trois rois.
L'époque venue où devait être ouvert le plaid annoncé, Childebert envoya une troisième fois vers Contran. Ses envoyés étaient en grand nombre, et à leur télé Conlran-Boson , SigeWald , même ^^idius qui, dès ce temps, reprenait le rôle que le soulèvement de Tarmée l'avait contraint un moment à abandonner. Sitôt qu'ils furent en la présence du roi , l'évéque commença et dit : « Roi très-pieux , nous rendons ^ grâces au Dieu tou(-puissanl, parce qu^après tant
39i HISTOIRE DES FRANCS.
» de travaux, il l'a rendu la possession de toutes tes » villes.» — « Oui, interrompit Contran, d^éclatantes 0 actions de grâces sont dues au roi des rois, au sei- » gneur des seigneurs ; car c'est par sa miséricorde » infinie que se sont accomplies ces heureuses choses. » Mais on ne t'en doit point à toi, fourbe, qui n'as jà- ") mais gardé ta foi à personne ; méchant conseiller , 9 par les artifices de qui le feu et Tépée ont ravagé mes » provinces ; coupable évéque , qui n'agis point en » prêtre de Dieu, mais en ennemi de notre royaume. » L'évêque indigné contint cependant sa colère ,' et se tut. Un autre, parlant à sa place, réclama de nouveau les villes qu'avait possédées Sigebert. Contran répéta la réponse qu'il avait faite antérieurement, et y persista. tJn troisième rappela les crimes de Frédegonde , et demanda encore qu'elle fût livrée au roi d'Austrasie. Contran refusa. Boson, s'étant approché il son tour, le roi le prévint et l'accabla de reproches : « Perfide , lui dit-il , homme dont la parole trompe » toujours , perpétuel ennemi de notre pays et de notre » trône, toi qui es allé jusqu'à Constantinople pour » y susciter Coildovald et l'élever sur notre ruine !.. » Boson se hâta : « Assis que tu es au trône des » rois , lui dit-il , nul ne peut répondre à ce que . » tu dis.. Mais., s'il se rencontre quelqu'un d'^al o à moi qui m'ose charger du crime que tu supposes, » qu'il vienne et qu'il parle ; et toi , roi très-pieux , » consens alors que la chose soit remise au jugement » de Dieu. Tu connaîtras au champ-clos si je suis cou- » pable. »