‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 141 sur 196 · LIVRE V (S84.S8A · texte numérisé non relu

LIVRE V (S84.S8A

» qui sont maintenant mes fils! Voyez que ma mort >» vous mettrait vous-mêmes en péril , et que vous » n'auriez encore aucun chef de notre race assez fort » pour vous protéger, » Le peuple fut ému, et l'on 6t aussitôt des prières à Dieu poyir le roi.

La méfiance augmentait entre Frédegonde et Contran. Leshabitans de Kouen^ dès que la mort de Chitpéric leur fut parvenue, avaient rappelé l'évêque Prétextât de son exil , et son retour parmi eux avait été un long et bruyant triomphe. L'évêque, ces premiers transports apaisés , vint à Paris auprès de Contran, et le conjura d'approfondir, avec quelque soin, l'injuste accusation qui avait été portée contre lui ; s'assurant qu'alors il n'hésiterait plus à confirmer son rappel. Frédegonde, qui n'oubliait jamais et ne pardonnait à personne, combattit avec beaucoup d emportement àes réclamations. « C'était une chose inouïe, » disait-elle, et qui ne se pourrait excuser, que de ré- » tablir un évêque exclus de lepiscopat par le juge- » ment d'un concile. » Mais Contran, peu disposé à servir sa haine, voulant toutefois ne laisser aucun pré-^ texte au zèle ignorant et aux faux scrupules, annonça la résolution de convoquer un synode, ce C'est )e droit » des évêques, dit-il : ils révoqueront ou confirmeront » ce qu'ils ont jugé, et leur sentence, libre cette fois, » sera pleinement régulière et irréprochable.» C'était déjà un grand déplaisir pour Frédegonde, qui ne pouvait maintenant ni corrompre ni intimider le synode. C'était de plus un fâcheux indice des secrètes dispositions de Contran , qui dédaignait déjà ses conseils, et

donnait un tel avantage sur elle h Tun de ses principaux ennemis. Mais Thumiliation fut bien plus p!rofonde lorsque Tévêque de Paris, qui lui avait été si dévoué jusqu'alors, s'éievant même contre le dessein de Contran, nia la nécessité du synode, et déclara, au nom des évêques, que la condamnation n'avait point le caractère qu'on lui supposait; qu'elle n'était ni absolue ni perpétuelle ; que Prétextât était suspendu de Fépiscôpat et non pas exclus. Tous les doutes alors et toutes les hésitations cessèrent. Le roi, sans plus de retard, reçut Prétextât, le fit asseoir à 3a table, et consentit qu'il retournât à Rouen. Frédegonde reconnut son abaissement- et sa dépendance : sa fierté s'offensa ; ses haines s'accrurent.

Mais on lui préparait d'autres offenses* Gontran, jaloux de la gloire de sa race, déplorait amèrement le meurtre de Chlovis et de Mérovée , et s'indignait du mépris avec lequel on avait traité leur cadavre. Il voulait une solennelle réparation de cet outrage; mais. on ne savait plus en quels lieux les meurtriers avaient enfoui les restes de leurs victimes. Enfin il vint un pauvre pêcheur qui, se prosternant aux pieds du roi, lui dit, avec une vive expression de crainte : » Assure-'moi qu'il ne m'en arrivera aucun mal, et je » te découvrirai ce que tu souhaites. » Le roi lui jura sûreté et lui promit même une récompense. Alors le pêcheur reprit : « Après que Chlovis eut été tué, son » corps fut mis dans la terre, auprès de la porte d'un » oratoire. Mais la reine craignant qu'on le découvrît » et qu'on lui donnât la sépulture qu'exigeait son rang,

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