‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 147 sur 196 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

» Iran n^a point de fils, Cbildeberi n^a point le génie » de la guerre, ChJotaire est à peine nëw Tous les prin^ » cipaux du royaume d'Austrasie t'appellent. Per- » sonne n'oserait s'opposer à toi; car nous savons tons » que tu es du sang de Chloyis. »

Gondovald fut séduk. Toutefois, il lui restait eoh core quelque méfiante ^ et il exigeait des garanties contre les trahisons qu'on pourrait ourdir , contre rinfîdélité des récits qu'on ne cessait de lui répéter. Il croyait, lui, ë l'autorité des seroiens, et se persuadait qu'elle croissait par leur nombre et par le choix des lieux cù on les jurait. Aussi, -quand GoMran-Boson , qui prodiguait volontiers ces sortes de gages , lui eut fait douze fois, en ^ouze lieux sabts différens, le serr ment qu'il sollicitait , ses dernières irrésolutions furent dissipées. Plein de joie, et même de reconnaissance, il fît au duQ de nombreux présens, et ne «ongea plus qu'à presser les préparatifs de cette ^ande entreprise . .

On ne peut douter que l'empereur Maurice ne l'ait approuvée et favorisée. Car il est certain d'un côté que Gondovald apporta en France de très-grandes quantités d'or et d'argent, et l'on cherche d'où lui seraient venues tant de richesses , s'il n'en était pas redevable à la générosité de l'empereur grec. Où aurait puisé tout cet or tin homme inconnu ; ou bien comment un prince habile et puissant en eut-il fait don à un étranger qui n'aurait eu ni titre, ni rang?

D'un autre côté , il est resté quelques traces des engagemens qui durent êlre la condition de ce se-

cours. Les rois francs s^élaient dégagés de toute dépendance envers les empereurs grecs (1). lis jouissaient même , depuis le traité foit pour la Provence^ entre Justinien et Théodebert , du droit de frapper des monnaies d^or à leur effigie, et ils étaient les seuls entre tous les princes qu^on nommait Barbares k Constàntinople (2). Le roi de Perse lui-même n'avait pas ce droit. Les empereurs regrettaient les Gaules presque à r^al de l'Italie, et ils auraient voulu que leurs rois se soumissent au moins à une sorte d'infériorité dépendante et de sujétion. On peut croire que Maurice en exigea de Gondovald la promesse, en échange des secours qu'il lui accordait ; et de même , s'il se trouve dans la conduite de Gondovald quelque circonstance qui suppose cette promesse, c'est une raison de plus pour croire que ses nombreuses ressources lui avaient été fournies par Maurice. Des engagemens de cette sorte ne se contractent pas gratuitement. Les

(i) Hœc est enim gens y quœ pan^a dàm esset numéro ^Joriis j^oàore, et valida^ dcbissihum aomaiiorum jugum de suis cbrvicibus bxcussit pugnaudo. (Prologus iegis salicaB.)

Voir de plas les deux Mémoires de M*, de Nivernais sur Tindépendaoce de nos rois.

L'abbé Dubos ne fait commencer cette indépendance qu'à Théodebert. M. de Nivernais prouve très-bien qu'elte remonte à Ghlovis.

(i) « Les rois des Francs font battre monnaie avec Tor qui se tire des n raines de leurs Etats ; et ils ne la font pas frapper au coin de rempe> » reur, comme c'était l'usage. Car le roi de Perse fait battre des espèces d'ar- »' gent tant qu'il lui plait ; mais ni ce prince, ni aucun roi barbare, quand M même ils auraient des miues d'or dans leurs Etats, ne sont en droit de i> faire frapper des monnaies d'or à leur coin, et s'ils le faisaient, elles » ne seraient pas reçues dans le commerce, même par les Barbares. » (Procopey de belCo Golhicoy lib. 3>.

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