LIVRE V
secours prouvent la promesse ; la promesse prbuyè les secours. Or Gondoyald occupa la Provence, et 1 on a des médailles d'or frappées à Arles et à Marseille au nom de Maurice. Tout porte à penser qu'elles n'ont pu l'étrë que daiis le temps des suocès de Gondovakl(l). Il rétablissait donc Tancia^ne suzeraineté qu'avalât les empereurs grecs lorsque <:es provinces étaient au pouvoir des Goths* Il y en a d'ailleurs une autre preuve; car l'évêque de Marseille ^ qui était au nombre de ses plus zélés partisans, ayant été arrêté et ' envoyé au roi de Bourgogne, l'accusation qu'on éleva contre lui fut « d'avoir introduit un étranger dans les » Gaules, et d'avoir voulu, par ce moyen, soumettre )> les royaumes Francs à la domination de tempe- » ;v?ar (2). » Or celui qui lui adressait ce reproche ne pouvait manquer, comme on le verra tout à l'heure , d'être exactement informé des projets et des engagemens de Gondovald. Maurice participait donc à cette entreprise : il est difficile de n'en pas conclure qu'il en espérait quelque succès, et de ne pas induire de cette espérance, qu'il croyait Gondovald fils de Chlotaii^.
Gondovald s'embarqua k Constantinople et vint descendre à Marseille. Aucun obstacle ne lui fut d'al;>ord opposé. Bien loin de là , l'évêque Théodore
(i) Explication des médailles frappées à Arles et à Marseille, au Cqin de l'empereur Maurice , par M. Bonamy.
(2) Reputans cur homineni extraneum iutromisisset in Gallias, voluisseque Francorum regnum impérial ibus per hœc subdere ditionibus. (Gré guire de Tours, liv. 6, chap. a4*)
lui fit l'accueil le plus favorable et lui fournît de nombreux secours. Ëpiphane , évéqûe de Fréjus , imita Fezemple de Théodore (1). Tous ces commencemens furent heureux et faciles.
Le patrice Mummole , à qui ses succès contre les Lombards avaient donne beaucoup de célébrité et dlnfluaice , était engagé fcnrt avant, dans ce complot des grands d'Âustrasie. Depuis trois ans déjà ,• malgré ses services , il était dans la disgrâce du roi Contran. Même sa sûreté avait été menacée , et il s^était vu réduit a quitter en fugitif cette terre de Bourgogne, dont ses victoires avaient chassé l'étranger. Par quelle faute avait-il excité ces violences? On ne l'a point dit. Mais on la peut croire importante ; car un synode d'évéques s'étant > assemblé à Lyon dans ce temps, Tacciisation du patricelui fut déférée. On la pourrait croire aussi douteuse et sans preuves ; car il ne parait pas que le synode , qui prononça cependant plusieurs autres condamnations , ait rien décidé contre Mummole.
Childebert, dont le patrice avait plusieurs fois conduit les armées , lui avait ouvert un asile dans son royaume , et , bientôt après , lui avait donné le gouvernement d'Avignon. C'était en ce lieu qu'il était, quand apparut Gondovald. Celui-ci, à qui était assuré l'important appui de ce chef heureux et habile , né tarda pas à quitter Marseille pour s'aller
(i) Grégoire ne dit point cp'Epiphane fût é?êque de Fréjus. C'est une conjecture du P. Le Coinle.