LIVRE V
tence , d'où il pul observer sans périt le. progrès des événemcns. Ensuite, il Qt réuoir de mauvaises barques , et eut soin que les soldats dé fiosou n^en trouvassent poiut d^autres à leur arrivée sur les bords du Rhône. Enfin , comme il y avait une partie de la ville au-delà dq fleuve, il la fît enceindre de fossés profonds , où les eaux furent aisément détournées. Puis on recouvrit légèrement ces fossés avec du branchage , de la terre , un peu de gazon , de ma? nièi^ à tromper les yeux et à présenter, l'apparence d'un chemin solide.
Parvenus au fleuve ^ les soldats de Boson, ne soupçonnant rien , se saisirent de barques et $'y entassèrent. Mais quand ils furent au plus profond de leau , elles s'ouvrirent. Plusieurs se sauvèrent à la nage ; beaucoup furent engloutis. Boson fut de ceux qui échappèrent. 11 était déjà au pied de la ville,^ et à une faible distance , lorsque Mummole , élevant la voix du haut du rempart, leur cria : a Si Boson » est de bonne foi , qu'il approche , et m'explique » sans crainte cé«gu'il a dessein de me dire. » Le duc consentit, et s'avança, suivi seulement d'un (les siens. Mais il leur fallait passer le fossé : arrivés au milieu , le fragile pont fléchit et se rompit sous la charge. Le compagnon de Boson , que te poids de sa cuirasse entraînait , disparut. Le duc , plus heureux , saisit le bout d'une lance que lui tendait un de ses soldats , et gagna le bord. 11 s'était flatté de tromper Mummole, et d'obtenir de lui qu'il le reçût dans la ville. Forcé maintenant de renoncer à celte espé-
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rance, il se résigna auic lenteurs et aux incertitudes; dW siège. Mais Childebert , irrité de cette insolente agression, envoya promptement Gondulphe avec une armée, etBoson, vaincu sans cômbatMre^ fut.honr. teusement obligé de fuir.
Cependant les circonstances devenaient plus fayoraUes à Gondovald. L'Austrasie consentait enfin à. le seconder plus ouvertement. Sa présence n'avait pas suffi pour arracher au roi de Bourgogne les restitutions qu'on sollicitait : on reconnut la nécessité de le faire agir. II quitta donc sa retraite, et vint une se-^ eonde fois à Avignon. Ce fut de là qu'il partit. pour aller à; la conquête d!un royaume. Avec lui élaikint le patrice Mummole, le duc Didier , le duc Bladaste, Sagittaire, évéquede Gap, Garachaire, comte de Bor-* deaux, Waddon, autrefois maire du palais de Chilpéric et de Rigonihe. Il avait aussi une grande et puissante armée (i). Le succès fut prodigieux. Toutes les villes ouvraient leurs portes. A celles qui avaient appartenu à Sigebert, il leur faisait prêter serment au roi d'Austrasie ; à celles qui avaiénl^téà Chilpéricou qui étaient à Contran , il le leur demandait pour lui même. En peu de temps il eut pénétré jusqu'à Brives. Là, jugeant déjà sa fortune assez avancée, il se fit décerner par son armée le titre de roi. On l'éleva sur le bouclier; on lui fit faire trois fois le tour du. camp; mais au troisième tour il tomba, et ce fut, aux yeux de tods, un sinistre augure,
(i) (c Mais Gondovald étant arrivé avec une grande armée... >» (Grëg. de Tours, liv. 7J.