‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 162 sur 196 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

achevée et le royaume entier réuni dans la même Foi, il fit rechercher les livries de Parianisme , les fit enfermer dans un seul édifice, et y fît mettre le feu.

Il crut alqrs la paix plus facile. Le zèle religieux ne pouvait plus animer les Francs ; on ne lui pouvait pas imputer la mort d'Herménégild et d'Ingondé; Leuvigild ne r^nait plus; tout devait être apaiâé. Il envoya donc des ambassadeurs à Gontran et à Cbildebert. Mais Gontran s'obstinait dans ses projets de vengeance et d'ambition. Il repoussa les ambassadeurs et dit : « Quelle fidélité pourrais-Je en attendre? » Comment ont-ils gardé les promesses faites à ma » tiièce? Au lieu des honneurs et du trône, elle n'a eu x> d'eux que la captivité et la mort. Je n'écouterai » point les envoyés de Récarède avant d'avoir tiré » vengeance de ces trahisons.

Childebert, qui n'avait pas les mêmes desseins, montra aussi des ressentimens moins opiniâtres. La guerre des Lombards attirait d'ailleurs son attention. Récarède avait chargé les ambassadeurs de lui proposer son serment en preuve qu'il n'avait eu aucune part à la mort d'ingonde. Ils devaient de plus lui offrir dix mille sous d'or. Les propositions furent acceptées et la paix se fil. Ce premier point obtenu, les ambassadeurs allèrent plus loin ; ils dirent que leur roi avait renoncé au mariage de Rigonlhe , et ils demandèrent Chlodosinde, sœur deChildebert. On ne répoussa point leur demande ; mais on évita aussi de s'y engager. On allégua la nécessité d'obtenir l'assentiment de Gontran et la promesse qui lui avait été faite

de ne conclure aucune affaire importante sans avoir pris SCS conseils.

Mais bien loin de favoriser leur espérance, ce prince, dans le même temps , envoyait de nouvelles armées en Septimanie : l'une, que commandait Aus- (rov^ld, et qui répéta pour la troisième fois la tentar Uve de Tcrentiolus et de Didier ; l'autre , formée plus tard, et qui avait pour chefs Antestius et un duc Bor son , qu'il ne faut pas confondre avec celui d'Aus* trasie. Austrovald , venu le premier, attaqua résolument Carcassonne, et plus heureux que ses devanciers, il s'en empara. Il en était déjà maître quand arrivèrent Boson et Antestius. Celui-ci (1), jaloux d'un succès qu'il eût voulu partager, blâma avec aigreur la témérité d'Austrovald, et ne tarda guère à en donner lui-même un exemple qui ne fut pas aussi bien justifié par l'événement.

Il avait mis son camp sur une petite rivière peu éloignée de la ville. Méprisant les Goths, qu'il ne jur geait plus assez puissans pour rien entreprendre, il ne prenait aucun soin de sa sûreté , laissait perdre les habitudes de la discipline» et se livrait habituellement aux plus méprisables ' débauches. Un jour qu'ayant

(i) FrédegairQ et Daniel imputent ce désastre à Boson. Mais voici ce que dit Grégoire : «Le roi envoya Boson et Antestius. Celui-ci arriva » plein d'orgueil , méprisant Austrovald, le blâmant, etc. . . Il marcha... M Comme il s'avançait ainsi plein d'arrogancç .. ayant placé son camp... >• Il fit un festin et s'enivra... Les Goths survenant à l'improviste, le • surprirent. . .» Il est clair que tout cela se rapporte à Antestius. On ne peut pas préférer Frédegaire à Grégoire.

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