‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 166 sur 196 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

h une faible distance (I) Il tombât il était sans vie. Gontran partageait Findignation générale. Ilënvoyd trois évêques, savoir : Arthémius, évêque de Sens ; Véran, évêque de Cavaillon, et Agrœcius, évêque de Troie. Leur charge était de faire la recherche de Fauteur du crime et de le faire amener en sa présence. C'était un acte éclatant de juridiction et de souverai* neté. Les gouverneurs du jeune roi s'en épouvantèrent , et Frédegonde , irritant avec habileté cette jalouse contention de pouvoir, en sut faire sortir son salut. 0 Nous gémissons profondément sur ces crimes, » répondirent-ils 9 et en souhaitons avec ardeur la » vengeance. Mais nous avons pleine autorité pour la i> prendre; la justice de notre roi nous suffît. Leçou- X» pable, s'il est parmi nous, ne doit point subir celle » du vôtre. » Les évêques insistèrent : « Gontran, » disaient-ils, viendrait avec une armée. Leur refus » attirerait de grands malheurs sur eux-mêmes et sur » leur pays. Qu'auraient à craindre leurs grands? » Avaient-ils peur que Gontran abusât contre eux de » cette puissance? 11 ne leur demandait qu'un seul » coupable; car il n'y en avait qu'un pour les deux » crimes, et l'on savait bien que la même main qui » avait mis dans la coupe du Franc, le poison, avait » dirigé contre Prétextât^ le poignard. »

(i) A trois stades, dit Grégoire de Tours (Liv. 8.)

Le stade était, suivant Je calcul le plus ordinaire , la huitième partie du mille romain. (Banville , Mémoire sur le mille romain.^- De la Nause, Remarques sur quelques points de V ancienne géographie.)

Le mille romain était de sept cent<:inquantc-six toises. (Danviiie, Eôd.)

Leurs efforts furent inutiles. Toutefois Gontran n'exécuta pas ses menaces ; il forma un autre dessein . Le duc Beppolène était mécontent de Frédegonde e( des gouverneurs de Chlotaire : il résolut de se servir de ce duc pour se venger d'eux et anéantir leur pouvoir. Il rappela près de lui, et lui conféra la puissance ducale, chose inouïe, sur toutes les villes qui appartenaient à Chlotaire. Cétait une entreprise hin*die ; mais le succès n'en fut ni durable ni complet. La plupart des villes reçurent et reconnurent Beppolène. D'autres refusèrent et lui résistèrent ; Rennes fut de ce nombre. Réduit à en faire le siège, Beppolène con6a cette entreprise à $on 61s. Mais celui*ci se laissa sm*prendre. x\ttaqué lui-même avant d'avoir attaqué, il fit, pour réparer cette faute, de grands et nombreux efforts de courage. Ce fut en vain : il fut défait et tué. De son côté, Frédegonde, voulant à la fois braver Contran et punir le duc , saisit toutes les terres que celui-ci possédait dans les contrées où il n'avait pas établi son autorilë.

Cependant les soupçons élevés contre elle ne s'effaçaienf point. Un cri persévérant et unanime lui reprochait le meurtre de l'évêque. Soit lassitude ou terreur, soit qu'elle voulût apaiser ces clameurs ou leur imposer, elle prit tout-à-coup une étrange résolution. Elle fit saisir l'un de ses serviteurs, et le livra au neveu de révêque, disant que c'était lui qui avait conçu et commis le crime, et se plaignant, avec de grands témoignages de douleur , qu'il en eût attiré sur elle la honte et le blâme. Le neveu de l'évêque demanda

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