‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 173 sur 196 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

à la cuisse, et lui fît perdre, en peu de momens, son sang et sa force. Alors, le voyant chanceler, on cessa de craindre. On l'entoura, on Taccabla, et k son tour il reçut la mort.

Ce fut la fîn du combat. Godégésile, vaincu, devenait vainqueur . 11 n'avait fallu qu'une seule mort pour un si grand changement. A l'instant même, et sur le champ du combat, on cria la paix. God^ésile laissait la vieà Bertfried ; il lui suffisait d'Ursion.

Bertfried, profitant de la confusion, pendant qu'on n'était occupé qu'à piller les trésors enfermés dans Téglise, monta furtivement à cheval et s'enfuit. Arrivé à Verdun, il se jeta dans Toratoire de la maison épiscopale, lieu sacré, et qui jouissait du droit d'asile. L'évêque Agéric avait d'ailleurs, comme on sait, beaucoup de puissance, et Bertfried se persuadait qu'il en userait pour le protéger. Mais ni Chiildebert ni Contran n'approuvaient les ménagemens de Godégésile et de Brunehault. Au premier rapport qui lui vint de l'évasion de Bertfried, Childebert fut saisi de colère. « S'il échappe à la mort, s'écria-t-il, Godégésile n'é- » chappera pas à ma vengeance. » Godégésile, effrayé, marcha aussitôt à Verdun avec son armée. A peine, arrivé , il fit entourer la maison épiscopale , demandant Bertfried, et menaçant de rompre les portes si Ion refusait. L'évéque , jaloux des privilèges de son oratoire et de sa demeure , alléguait la sainteté du lieu et Tautorité de la loi. Mais ses paroles furent méprisées. Les soldats montèrent sur l'oratoire, en enlevèrent la toiture, et, de ses débris, accablé-

rent Bertfried et ceux de ses servkeurs qui Tavaieiii suivi.

La crainte aelieTa d'étouffer cette dangereuse conjuration. Beaucoup de seigneurs s enfuirent dans d'autres royaumes } plusieurs furent dégradés de leur dignité. ^Ëgidius seul deineuratt. De graves soupçons s'étaient bien élevés contre lui; maii il était venu vers Cbildd)ert » lui avait apporté de riches présens , el, à force d'artifices et de flatteries » il avait réussi à i^ecouvrer sa faveur»

Bientôt cependant de nouvelles révélations furent obtenues , et Ton eut la preuve qu'il était en effet complice d'Ursion et de Rauchingue. Cbildebert, sans que son titre d'évéque le retint , le fit enlever ï rinstant et conduire à Metz. En même temps, il convoqua un synode pour procéder à son jugement. Des réclamations s'élevèrent. On représenta que c'était le droit des évéques de ne pouvoir être éloignés de leur siège» ni privés de leur liberté , qu'après avoir été entendus. Le roi, contraint de fléchir^ permit qu'i£gidius retournât à Reims ; mais il n'en fut que plus ardent à presser la réunion du synode. L'hiver était rigoureux ; les chemins difficiles et couverts de glace ; rien ne put le faire consentir même à différer, et les évêques, n'osant braver ses ressentimens, obéirent.

Le duc Ënnodius expliqua l'accusation. Elle avait pour base une double trahison envers l'Etat et envers le roi. Outre la conjuration de Rauchingue, on imputait à JËgtdius d'avoir traîtreusement servi les desseins de Chilpéric, quoique ce prince fut l'ennemi du

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