LIVRE V (58G
nétnis que là crainte et robéissance. Les craintes étaient profondes sans doute; mais la vengeance et rambition remportaient. IL ne s^était passé que bien peu de temps depuis la conjuration de Rauchingue, quand le hasard fît encore découvrir un nouveau complot.
On avait donné pour gouvernante aux deux enfans de Childebert, Septimine, et pour gouverneur le comte Droctulf. Une passion coupable et secrète unis* sait Droctulf et Septimine. Il advint que les accidens d^un enfantement avant terme mirent un instant la vie de la reine Faileube en péril. Dans rabattement où la plongeaient ses souffrances , on ne la soupçonnait point attentive, et Ton s'expliquait autour d'elle avec peu de réserve et de précaution. Mais sa faiblesse, quoique excessive, n'avait pas encore engourdi toutes les facultés de son esprit, et quelques mot^ qu'elle put recueillir la frappèrent* Elle y démêla les indices d'une vaste intrigue dont Septimine devait être l'instrument. Bientôt revenue à un état moins fâcheux, elle s'empressa de tout découvrir à Childebert et à Brunehault. Le projet était que Septimine persuadât au roi d'exiler sa mère, de répudier la reine, et d'accepter à sa place une autre femme , par l'influence de laquelle les conjurés usurperaient le gouvernement. S'il résistait, on le ferait mourir par des moyens lents et mystérieux, on chasserait les deux reines, on élèverait les jeunes princes au trône, on régnerait sous leur nom.
Droctulf et Septimine furent arrêtés* Deux de leurs complices, le référendaire Gallomagne et te
comte des écuries , Sonnégésile , se réfugièrent dans une église* Septimine confessa tout , même la complicité de Sonn^i^ile et de Gallomagoe. Ceux<^ci k leur tour confirmèrent tous les détails du complot; ils avouèrent que des propositions leur avaient été faites pour s^y engager ; mais ils en avaient eu horreur, disaient«îls, et les avaient repousséea. Il importait peu, puisque informés du péril du roi , ils ne Fen avaient pas avertis. Cependant Tasile où ils s'étaient enfermés prot^^eant leur vie , on se contenta de les envoyer en exil et de leur reprendre les biens qu^ils tenaient du fisc. On épargna même la vie de Droctulf et de Sep* timine* Mais à celles, on lui brûla le visage avec des lames ardentes ; à l'autre, on lui coupa les cheVeux et les oreilles ; à tous deux on leur 6ta leurs biens et la liberté. Septimine fut réduite à tourner la meule; Droctulf à bêcher la vigne.