LIVRE V (587-Ô
de Chlotaire et de Frédegonde ; opposés entre eux . cependant , car le premier fortifiait funion de Contran et de Chîldebert ^ et le second pouvait la rompre. Ces événemens sont le traité d'Andlaw(l)iet Tétrange révolution de Soissons.
Lorsque Contran avait voulu arracher FÂustrasie à la faction qui favorisait Condovald. , il avait fait , comme on sait , de solennelles déclarations et de généreuses promesses, ^e même , pendant Pentrevue qu^eurent avec lui Ghildebert ei sa mère pour la. révolte d'Ursion, des aigagemens récipropres et considérables avaient été délibérés et promis* Mais le traité, quoique souscrit, restait suspendu. Des difficultés imprévues en avaient arrêté Texécut ion (2).
.Fttcia. pêu^io sub dit 'quatto haUndas dectmbriw anrio vicesimo sexf regni domini Gunthertunni régis , regni Childeberti vero duodecimo anno. Tels sont les derniers mots du traité. Or Ghildebert régnait depois 676 , et Grontrati , depuis 5f»9 . L'année Sgi eût été la dix-septième du règne de l'un, et la trentième du règne de l'autre, au lien de la tingtsixième et de la douzième.
Frédegaire, par une autre erreur, date ce traité de la vi|^gt-huitième année du règne de Contran »
(i) A ti'eo i^ger que par le nom , tel qu'il est écrit dans le Traité , Andelawm^ on serait porté à croire qu'il s*agit d'Ândlaw, petite ville du département du Bas-*Rhin. Cependant dom Bouquet pens» qu il est ques* tioB d'Àiidek>t, bourg peu éloigné ide Langres.
(a) Daniel suppose que le traité n'était pas antérieur à l'ambassade. « Le roi, dit-il, satisfait de cette réponse ( des ambassadeurs ), se fit lire » le traité, le signa ^ et Jit serment de l'observer, etc »
Mais d'abord le traité est daté de la douzième année de Ghildebert, et Grégoire, qui était de cette ambassade, dit qu elle eut lieu la treisiè^e année.
D'un autre c6té voici les premières paroles qu'adressa Gontiao aux ambassadeurs , selon le récit de Grégoire : « Gomment dites-vous que
Cependant U s'agissait de la succession de Gon-^ tran, et le moment était favorable. Car d'un côlé Fré' degonde avait vivement offensé. ce prince par ses récentes trahisons, et de l'autre la naissance des deux fis de Childeberty en le rassurant contre l'extinction de sa race , devenait pour lui un puissant motif de préférence. Brunehault n'avait garde de vouloir attendre que le lemps vint changer ces dispositions.
Elle envoya donc à Contran deux ambassadeurs. C'étaient les évèques Félix et Crégoire. Celui-ci dit au roi : a Ton glorieux fils, Childebert, nous a or- » donné de venir vers toi. Il te rend d'infinies actions » de grâces pour tes salutaires conseils et pom* ta » bonne affection. Nous t'apportons l'assurance qu'il » ne violera point ses engagemens, et que de sa part » tout ce qui a été réglé entre vous s'exécutera. » Le roi répondit: à Comment parles-tu ainsi? Mon » neveu n'a-t-il pas déjà rompu nos conventions ? Ai- » je reçu le dédommagement stipulé pour la part qui » me revenait dans la ville de Senlis? N'a-t-on pas in- » terdil le passage à des hommes qui agissaient contre » moi, et que j'expulsais des pays où leur présence » était dangereuse ? » Les ambassadeurs s'empressèrent d'aplanir ces difficultés : « Envoie à l'instant, » dirent-ils, et ce qui t'est du, pour Senlis, te sera
m mon très-doux neveu ne veut transgresser aucun des engagemens signes M entre nous? (Liv. 9.)
Enfin le traité lui-même énonce qu'il fat conclu à Ândiaw y et, selon tvrégoire de Tours, Gontran reçut les ambassadeurs à Châlons.