‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 179 sur 196 · NOUVELLE GUERRE DES LOMBARDS · texte numérisé non relu

NOUVELLE GUERRE DES LOMBARDS

Childebert se préparait à de plus sérieuses entreprises. Rassuré contre Frédegonde par son alliance avec Contran ; contre les Wisîgoths, par le traité fait avec Récarède; contre ses ennemis intérieurs, par la ruine ou la dispersion de leurs chefs, il avait repris ses anciens desseins contre les Lombards. Maurice, d'ailleurs, ne cessait de l'y exciter, et le regret des possessions qu'avait eues son père en Italie ach evait d'allumer en lui l'ardeur de la guerre.

Les Lombards avaient supporté, pendant dix années, la domination des trente-cinq chefs qu'ils avaient élevés après la mort de Cléphis. Mais au bout de ce temps, fatigués d'une si nombreuse tyrannie, ils n 'avaient plus voulu souffrir qu'un seul roi. C'était à Autharis, maintenant, qu'ils obéissaient.

Autharis, la première fois que Childebert avait voulu tenter cette expédition, l'avait désarmé par des soumissions et par de grosses sommes d'argent. Il lui ' avait même demandé sa sœur Chlodosinde, et le jeu ne roi s'était laissé séduire à Tespoir de cette alliance.

Mais depuis, Récarède, ayant abjuré Tarianisnie, avait à son tour proposé d'épouser Chiodosîode, et Childebert, satisfait de rompre le mariage de Rigonthe, et d'ôter à Frédegonde un si dangereux auxilaire, avait accueilli avec faveur cette nouvelle proposition. Ses intérêts étaient donc changés, et le plus fort motif de ses ménagemens envers Autharis avait disparu .

Déterminé à rompre la paix, il envoya des ambassadeurs à l'empereur grec. L'empereur, dont cette entreprise favorisait les desseins, accorda sans peine les secours qu'il sollicitait. Rien alors ne l'arrêtant plus, l'armée d'Austrasie franchit les Alpes et se répandit en Italie. Mais ses succès furent de courte durée : Autharis vint avec ses Lombards, et l'on combattit. Ce fut lui qui eut la victoire. .Les pertes des Francs furent immenses; on ne se souvenait pas qu'ils en eussent jamais fait de si grandes.

Autharis, affermi et encouragé par cette victoire, entreprit d'allumer la guerre chez son ennemi. Les Bavarois étaient tributaires du roi d'Austrasie ; mais ils souffraient impatiemment cette domination. De son côté, leur duc Garibald avait conçu de vifs ressentimens contre Childebert. Ce duc avait une fille qu'il aimait avec beaucoup de tendresse, et dont on vantait la beauté. Son nom était Théodelinde. Le roi l'avait quelque temps voulue pour femme^ et tout était prêt pour cette union. Mais, au moment d'achever, il avait subitement changé de dessein. Le duc , humilié , s'était promis d'en avoir vengeance.

Le roi lombard , qu'une même offense rendait

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