LIVRE 1 (496). .S
Théodoric avait pris le titre de roi. Tout changeait pour lui à la cour de Constantinople , et déjà s'y préparait Tambassade que Tempéreur grec devait bientôt envoyer au roi des Francs. De plus; les Goths étai.ent ariens. C'était vers Chlovîs, depuis sa conversion, que les évêques catholiques tournaient leurs espérances, aussi bien ceux d'Italie que ceux de Bourgogne, et ceux des Etats d'Alaric. Théodoric ne devait rien négliger pour arrêter les progrès d'un rival si puissant et si dangereux.
Aussi, quand les Allemands eurent été vaincus et assujettis , ne manqua-t-il point cette occasion de se concilier l'affection d'un peuple, guerrier ; il intercéda vivement pour lui, et donna asile h ses chefs. De même de la Bourgogne , qu'il ne cessa jamais de lùénager ou de protéger ; utile barrière pour lui enire ses États et ceux de Chlovis. De même enGn. d'Alaric.
Celui-ci nourrissait de vifs ressentimens contre Chlovis. Il supportait impatiemment le souvenir de l'injure qu'il lui avait faite , quand il l'avait contraint de violer les devoirs de l'hospitalité à l'égard de Syagrius. Il savait qu'on le traitait avec mépris chez les Francs , et qu'on y méditait contre lui des desseins que les catholiques de ses États provoquaient ou favorisaient. Il aspirait à la guerre, et Chlovis à son tour, brûlait de la déclarer.
Théodoric jugea l'occasion favorable pour étendre son inQuence , et créer des obstacles à l'ambition du roi franc. Il affecta le rôle de médiateur. Il envoya
des ambassadeurs aux deux princes, menaçant de prendre parti contre celui qui refuserait sa conciliation. Mais en même temps il envoyait aussi vers leroi de Bourgogne , le roi de Thuringe , le roi des Varniens, le roi des Hérules ; leur représentant les périls communs , Finsatiable ardeur de conquérir dont Chlovis était possédé , Tavantage de combattre unis , Timprudence de se diviser et de se laisser vaincre successivement.
L'entreprise de Tbéodoric eut un plein succès. Chlovis Jui-même feignit de se laisser désarmer. H fallait quelque temps h cette ligue pour se dissoudre ; il le lui donna. D'autres desseins d'ailleurs l'appelaient.
CHAt>ITRE IX.