GUERRE DE BOURGOGNE
Chlovis avait à venger à la fois contre Goùdebaud les injures de Chlotilde et sa propre injure.
Il avait à venger le meurtre du père , de la mère et des deux frères de Chlotilde. Il avait à venger en son nom la tentative faite pour la lui enlever , quand elle lui était déjà fiancée, et sa dot reprise dans le chemin , et qu'on retenait.
Il avait h punir Gondebaud de la part qu'il venait
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de prendre aux obstacles qui lui élaienl suscités. Il avait à affaiblir un voisin que ses intelligences avec Théodoric rendaient trop puissant. II avait enfin, pour ses entreprises futures , à priver Alaric d'un de ses plus utiles alliés.
Voici Toccasion qu'il en eut.
Gondebaud , quand il eut tué Childéric et Godomar à Vienne, n'avait fait à Godégisile, son troisième frère , qu'une faible et injuste part. Celui-ci mécontent, et sachant Chlovis mécontent lui-même, lui confia ses ressentimens. II lui proposa, s'il voulait lui aider à renverser Gondebaud , de payer tribut et de se mettre en sa dépendance.
Chlovis n'eut garde de refuser une proposition si favorable et si opportune. Le traité se fît ; mais il restait à trouver les moyens de l'exécuter.
Comme on en était à ce point , une révolte éclate à Verdun, non loin des fronlières de Gondebaud. C'était le prétexte que cherchait Chlovis. En peu de jours il a assemblé son armée ; il est à Verdun ; il triomphe des révoltés et leur fait grâce : et aussitôt , sans laisser à Gondebaud le temps de pénétrer ses desseins , ni a Théodoric celui de les traverser , il se précipite en Bourgogne.
Au premier bruit de cette irruption, Gondebaud implore l'assistance de son frère, u Viens à moi , lui » dit-il ; les Francs sont en marche pour qous acca- » hier. *-^ J'irai, dit Godégisile ; » et en effet ^ il lui amena ses soldats.
Les Bourguignons et les Francs se rencontrèrent
auprès de Dijon, sur les bords dé TOuche. Uatlaque de Chlovis fut rapide et impétueuse ; là résistance de Gondebaud , courageuse et opiniâtre. Mais dans ce moment, Godégisile, traître à la fois et fidèle, abandonne son frère, et ne se souvient plus que de sa promesse à Chlovis. Il tombe inopinément sur le flanc de l'armée des Bourguignons. Celle-ci s'étonne, prend répouvante et se met en fuite. Gondebaud s'enfuit comme elle jusqu'à Avignon.
Chlovis le suit, et Godégisile va triomphera Vienne. Mais Gondebaud, plein de résolution et de vigilance, se défendait valeureusement. Le siège d'Avignon traînait en longueur ; l'armée de Chlovis se rebutait et se consumait. Les assiégés à leur tour s'affaiblissaient, et prévoyaient avec effroi le terme déjà prochain de leur résistance. En celte extrémité, Gondebaud eut recours à des artifices dont la politique de Chlovis fa- ' vorisa le succès.
Arédius était avec Gondebaud dans la ville* Ce prince feignit qu'il le desservait, et le chassa de sa" présence ignominieusement et avec éclat. A son tour, Arédius se feignant offensé et épouvanté, sortit mystérieusement de la ville, et s'en alla, faux transfuge, solliciter la commisération du roi franc. Chlovis estimait son habileté; il le rassure et l'accueille^ se félicitant de l'imprudence qui faisait perdre un tel secours à son ennemi.
En peu de temps, Arédius, assidu et insinuant, se mit assez avant dans la confiance de ce prince, et un jour enfin, qu'inquiet des desseins de Théodoric, il se