‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 2 sur 196 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

J'ai écrit ce livre avec attentioo. Mais je suis en un lieu oii les ressources n'abondeot point : il me sera sûrement échappé des fautes; peut -être beaucoup. Je demande à ceux qui les remarqueront 5 d'avoir un peu d'indulgence; d'abord pour ce qui me manque naturelle* ment) et aussi pour les secours dont j'étais privé. Ce que j'en dis n'est point pour qu'on m'épargne, mais pour qu'on m'excuse. Je répondrai à la critique, selon son goût et le mien, en en profitant.

J'aurais péutrétre fait moins mal ailleurs ; mais je n'^ai pas le choix. A peine si j'ai celui de ne pas écrire; car que ferais-je de ma vie?

Rejeté violemment par la fortune hors de la

xTiii CHAPITRE PRËUMINAIRE.

quefois; jamais au grand. On se fait entendre aux passions isolées ; celles de la multitude sont sourdes.

L'histoire est la science de l'empire. Elle se compose, aussi bien que lui, de commencemens, de progrès, de renou vellemens , de ruine. Elle n'est complète , comme toute chose , et pleinement intelligible qu'à sa 6n. Mais il semble qu'elle en ait plusieurs. C'est un drame profond et mystérieux , qui n'est entièrement expliqué qu'au moment ou il se dénoue ; mais qui se complique quelquefois et se renouvelle ea se dénouant. Les catastrophes de l'histoire en sont comme l'analyse ; c'est par ou il faut l'embrasser.

Aussi y a-t-il des temps , tout comme des lieux , où cette étude se fait, non-seulement avec plus de fruit , mais ayec plus de (liscqrnement. Que viennent des époques de sécurité et de soumission, on ne s'attache alors que d'une attention froide et distraite, aux plus terribles et plus instructives révolutions du passé. Bien moins encore veut-on condescendre au pénible soin d'en démêler les causes lointaines et confuses. On laisse passer négligemment les événemens devant soi, sans les combiner, et par cela même sans les comprendi^. Quel intérêt y a-t-on , et qu'ont de commun ces vieux et rares désastres avec les faciles jours où l'on vit? Il faut peut-être avoir vu crouler des empires pour savoir rendre à chaque fait historique sa part d'importance et d'autorité. Mais quand on a assisté à ces grandes commotions ou qu'on en pressent, c'est alors qu'averti par un intérêt vif et prochain , on suit avec intelligence et anxiété Teffrayanle succès^

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