‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 22 sur 196 · LIVRE · texte numérisé non relu

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et Alarîc n'étant point en guerre , a néanmoins Finexplicable imprudence de les accepter. Ces princes se trompaient tous deux, s'imaginant, quand ils faisaient ou acceptaient ce funeste don, qu'ils s'engageaient l'un l'autre plus étroitement dans leurs ressentimeus et dans leur ambition.

ChloTis toutefois dissimule encore, et temporise avec Alaric. C'est sur Gondebaud qu'éclatera d'abord sa vengeance. Il lui doit ce prix de ses trahisons et de ses meurtres. Il se doit à lui-même et à son Étal, de relever son ouvrage si tôt renversé , et de remettre promptement la Bourgogne en une situation à ne pouvoir plus lui donner de craintes. Mais comment empêchei' unie seconde fois l'intervention de Théodoric, lui si jaloux de Chlovis, si inqmet de sa gloire, si intéressé à la conservation d'un royaume dont Sigismond , devenu son gendre, est maintenant l'unique héritier ?

Chlovis lui envoya des ambassadeurs. « Allez, » leur dit-il, et portez-lui la paix ou la guerre* Qu'il » considère si je puis laisser sans châtiment de si » nombreuses offenses. Dût Théodoric prendre parti » contre nous , je me vengerai. J'ai la justice pour » moi; pour moi, les anciens amis de Godégisile, et • les catholiques persécutés par les ariens. Qu'il » choisisse ; s'il aide au bon droit , nous partage- » rons. »

Théodoric accepta. L'espoir de s'étendre au-delà des Alpes fit cesser toutes ses irrésolutions. Il comptait d'ailleurs modérer les événemens , et s'en rendre

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arbitre. Ennemi favorable, allié douteux , il voulait ^ si Gondebaud devait souffrir quelque perte , en détourner à son profit la ipeilleure part.

Il signa donc le traité. Les conventions furent que, si les Francs entraient les premiers en Bourgogne, les Ostrogolhs payant une certaine somme d'argent, partageraient les conquêtes ; et de même des Francs, si les Ostrogolhs entraient les premiers.

On prévoit ce qui arriva , et l'on ne peut guère douter que Chlovis ne l'eût lui-même prévu. Cet étrange traité déguisait mal les secrets desseins des deux princes et leurs mutuelles défiances. Mais c'était bien moins à la coopération de Théodoric que tendait Cblovis , qu'à sa neutralité et à son inaction. Cet avantage obtenu, il ne s'enquérait plus à quel prix.

Théodoric arma , mais avec lenteur. Chlovis arma aussi, mais avec une ardeur conforme à son courage et à son génie. Il marcha le premier , et arriva seul en présence de son ennemi. Le combat fut terrible f 1 ). En aucune autre occasion , les Bourguignons ne montrèrent autant d'opiniâtreté. La victoire doutait; mais enfin les Francs l'emportèrent. L'armée de Gondebaud fut mise en pleine déroute, et la plupart de ses villes tombèrent au pouvoir de Chlovis.'

Théodoric alors arriva. Il réclamait l'exécution du traité ; Chlovis l'exécuta religieusement. Gondebaud lui-même le fléchit, et obtint la paix. Mais l'ascendant du roi franc s'était tellement accru par sa dernière

{f ) Ou igaorc le lieu où il fut livre.

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