‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 26 sur 196 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

GUERRE DE PROVENGE (508)^^

Alaric laissait deux fils ; l'un qui était né d'une concubine, et avait nom Gésalic ; l'autre , Amalaric , né de la fille du roi d'Italie. Ce dernier , qui était enfant , conserva néanmoins les provinces que son père

avait en Espagne. Mais les Wisigoths dés Gaules , que le périt pressait de plus près , lui préférèrent Gésalie , à qui son âge permettait déjà de combattre et de les défendre.

Ses efforts ne furent pas sans succès. Chlovis , quand il eut vaincu, mit son armée ça deux parts , et confia là plus faible à. son fils aîné, Théodoric. Ce jeune prince fit d'abord, comme son père,Mes progrès heureux et rapides. Mais ayant attaqué Carcassonne, survinrent les troupes promises par le roi d'Italie ^ qui, moins fatiguées et plus nombreuses que les sienties, le contraignirent à l'abandonner.

L'année suivante, l'armée des Francs entra en Provence, et pénétra jusqu^à Arles. La ville était forte, la garnison nombreuse, les habitans dévoués. Cependant l'évêque fut soupçonné d'avoir des intelligences avec l'ennemi, et l'on mit un moment en délibération de le jeter dans le Rhône. Les juifs à leur tour , pour se rédimer du pillage , furent sur lé point de livrer le quartier remis à leur garde. Mais le hasard jeta Gésâlic sur la voie de leur trahison , et peu s'en fallut qu'ils ne fussent tous massacrés.

Les forcée des assiégés s'épuisaient. Les Francs au contraire redoublaient d'ardeur et multipliaient leurs attaques. On n'espérait plus dans, la ville ; il ne pouvait larder qu'elle ne tombât. C'est à ce moment qu'arrive inopinément une puissante armée envoyée parle roi d'Italie. Il y avait un pont sur le Rhône, que les Francs avaient négligé jusque-là, et par lequel les habitans conservaient quelque communication

avec les dehors. Les Osti^goths arrivant , ce poste ^Aetenait dangereux, et il fallait s'en saisir. Les Firaacs s'y portèrent précipitamment et avec courage. L'attaque fut formidable, et, de moment en moment, ranimée et renouvelée ; la résistance fut in&tigabte et inébranlable. Tulus, Fun des plus vaillans capitaines des Ostrogotfas, y fut blessé dangereusement. Mais aucun parti ne cédant, il sortait alternativement des camps opposés de nouvelles troupes pour soutenir ou remplacer celles qui étaient déjà engagées: tellement qu'à la fin il n'y en eut plus aucune qui ne combattît- L'action devint ainsi générale, et il se fit de part et d'autre d'inouies merveilles de témérité et de constance. On n^aurait su dire à qui devait rester l'avan? tage , quand tout - à - coup les Wisigoths de la ville sortirent, et chargeant en queue l'armée des Francs , pendant que les Ostrogolhs l'attaquaient en tête avec une grande impétuosité, ils portèrent le désordre dans §es rang^ , et ne lui laissèrent plus de relâche qu'ils n'eussent achevé de la rompre. La déroute fut complète^ C'était la première qu'éprouvait Chlovis , et ce fut la seule. On raconte d'incroyables choses du qamage que firent le^ Goths. On veut que trente inille des soldats francs soient restés morts sur ce iuneste champ de bataille. Des prisonniers, on ne dit pas quel en fut le nombre.

A la suite de cette défaîte , les Francs perdirent la Provence et presque toute la Septimanie. Mais bientôt Chlpvis'fit la paix, renonçant à cette partie de sesi conquêtes et conservant tout le reste. Le roi d'Italie

à son tour , voulant à tout prix réalisa uan ancien projet d^établtsaement en^leçà des Alpes , retint pour lui la Provence , et, à qudque temps delà , fit odieusement périr Gésalic.

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