‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 32 sur 196 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

)> royaume des mains de leur père (1); » et le second : a Dans la terre des Francs , c'est la naissance qui fait » les rois (2) ; » et le troisième : « Chlovis succéda » par droit d'hérédité à son père (3) ; » et le dernier : « Tes ayeux, dit-il au roi Charles , ont transmis Thé- )> ritagede leur trône à leur postérité. — Rappelle-le en » ta pensée 5 dit-il encore à Arnoul j comment Tordre I» de succession a toujours été sévèrement observé .... » C'est la coutume des Francs, d'avoir des rois héré- » ditaires... Empêche que des rois étrangers au sang )» royal ne prévalent contre eux à qui leur naissance » donne la couronne (4). »

Mais quel témoignage qui puisse se comparer à celui des faits? C'est à eux surtout de résoudre cette question ; c'est à leur durée, à leurs fréquens retours , à leur ressemblance (5).

Tantôt le père roi prescrit le partage (6); tantôt ce sont les héritiers qui le font (7) ; tantôt , le partage réglé , on tire au sort ces lots de royaume (8) : le hasard assigne les rois ; mais le sang, autre hasard, les a faits.

Quelquefois, convoitant un royaume échu à des

(a) In Francoram terra, reges ex g^enere prodeunt. — Homel. lo, in evang.

(3) Hereditario jure successit, 1. i, cap. I3.

(4) Fredoard, Hist. eccl. Rhem., 1. 4? c. 5.

(5) Daniel, Hist. Préfac, art. 3. — Foncemagne, Dissert.

(6) Roricon, lib. 4 Frédégaire, cap. 76.

(7) Grégoire de Tours, liv. 3 ct4-

(8) Âyrooin, 1. 4, c. 1. — Grégoire de Tours : « Le sort donna à Charibert, etc. — A Sigobert tomba le royaume de ... etc. i# Liv* 4* —Frédégaire : « jLe sort fit échoir TAustrasie à Théodebert. » Ghr. cap. 16.

n HISTOIRE DES FRANCS.

rois enfans , les héritiers prochains qu'ils excluent , ne les supplantent , tout faibles qu'ils sont, qu'en lés égorgeant. C'est la mort qui les appelle et qui les élit ; ils succèdent en effet , mais parce qu'ils héritent. .

Vous rencontrez un roi privé d'enfans , qui adopte pour 61s son neveu , et qui , lui mettant sa lance en la main, lui dit : ce Ceci est le témoignage que je t^ai » transmis mon royaume; va donc, et soumets à ta

n domination toutes mes villes. Elles sont à toi

a Seul rejeton de ma race , c'est à toi de me succé- » der(l).o)

Vous rencontrez deux rois qui traitent solennellement de la transmission future de leur royaume ; qui se désignent réciproquement pour successeurs éventuels et pour héritiers ; qui subordonnent toutefois cette institution à la condition que le roi mort n aurait pas defils ; qui stipulent que celui d'entre eux qui hériterait , posséderait cette nouvelle couronne d'un droit perpétuel , et la léguerait à ses descendans ; qui font enfin toutes ces choses , non point de l'autorité, non pas même du consentement des grands et des évêques , mais k leur prière et par leur médiation (2).

(i) Tu mihi haeresin omnireguo meo succède. — Grégoire de Tours, 1. 7, c. 3.— Te mihi successurum in regno,^reminiscens te solum ex nostrâ superesse stirpe. — . Aymoin, l. 3, e. 58.

(a) Ut quem Deus de ipsis rcgibus superstilcoi esse praeceperii, reohum illius qui, ABSQUE FiLiis, dc praescntis saDculi luce luigraverit, ad se in integritatcm jure terpetuo debcat rcvocaro, et i»osteris suis, dbmiiio auxilianlc, relinqucrc ... mcdiantibus saccrdolibus et proccribus, cha-

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