‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 33 sur 196 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

D'autres rois viennent , qui , vivant encore et régnant, constituent dans leur royaume un second royaume a leur fils , et, de leur pleine autorité, le lui délèguent et l'en investissent (1).

En d'autres temps , les leudes conspirent. Où tend leur ambition? A la royauté sans doute. Ils ne Poseraient. Ils oseront surprendre et tuer le roi ; mais le devenir, aucun n'y prétend. Les fils du roi mort monteront au trône. La régence est le seul prix que se propose la rébellion (2).

Plus tard, on s'irrite contre l'oppression d'une vieille reine ; on désavoue les droits qu'elle prétend exercer au nom de princes enfans dont la naissance est illégitime ; deux royaumes s'unissent dans ce dessein y les évéques et les grands donnent le signal ; l'armée les suit. Que va-t-il donc survenir? Quel maître auront ces royaumes? Aucun chef nouveau ne s'élèvera-t-il , élu et proclamé par cette révolte? Aucun. Us tueront même les princes auxquels ils contestent le droit d'hériter, et trouveront plus sûr de confirmer leurs scrupules par des homicides. Ensuite , ils iront chercher sur un autre trône les derniers restes du sang de Chlovis. Nul n'aura la pensée d'exalter de

rîtatis stadio, sedit, complacait atqae 'cooTeait. — • Conyentus apud Andelawnm. — Baluze.

{i)Frédégaire.— Vie de Pépin-le-Vieux. — Vie de Da{;obert L — Dùm et nos, unà cuni consensu procemm Dostrorum, in reg^o nostro, illo glorioso filio nostrOy illo regoare praecepimus. Ideo jubefflos ut omnés... fideliiatem prsecelso fllio nostro... debeant promitlere et coojarare. — MarcuHe, lib. i, form. 4»

(a) Grégoire de Tours, Uv. 9.

9i HISTOIRE DES FRANCS.

nouvelles races. On fera taire ses craintes et ses répugnances ; on se donnera au roi étranger, parce que c'est son droit ; parce que les autres n'héritant pas , c'est lui qui hérite (1).

Poursuivez : voici ces terribles maires du palais , tout-puissans par la guerre , tout-puissans par Fadministration de l'Etat ; hommes altiers que n'arrêtent point l'esprit de modération , ni les vains scrupules , et qui se donnent cependant et souffrent des maîtres, n'osant s'élever au titre de roi, que nul, en cas d'élection, n'eût été en état de leur disputer. Voici deux d'entre eux, audacieux et habiles : que veut le premier? Placer son fils sur l'un de ces trônes. Quel moyen prend-il? Il ne l'ose entreprendre qu'en faisant adopter ce fils au roi privé d'héritier. Que veut le second? Relever sa domination renversée. Il suppose un faux prince pour vaincre la résistance du prince réel. Mais il le suppose du sang de Chlovis , et la résistance vaincue , quand il l'emporte , quand il n'a plus de rivaux devant lui , il renie et rejette le roi d'emprunt qu'il avait créé , et ne se croit assuré de sa puissance qu'en l'appuyant sur les droits sacrés du vrai roi (2).

Enfin , quand les temps marqués sont venus , et que la race de Chlovis est précipitée , le nouveau roi, élu de son épée et de sa fortune, s'avoue coupable, et sollicite l'absolution de son parjure (3).

(i)Frédégaire.

(i) VitasanctiLeodgarii.

(3) Cùm etiam Stephanus à perjurio in regem admisso, absolyisset. — «

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