‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 35 sur 196 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

vàhissement et de confusion, où Pépin d'Héristal et Charles-Martel n'accordaient le trône qu^en attendant d^ monter eux-mêmes, et de mettreen oubli tous ceux de la longue époque où s'exerçaient librement et sans violence les droits respectés de la race de Méroyée !

Où puiserionsHious pour la troisième race , si ses maximes politiques étaient moins connues? Dans les vingt années qu'ont duré ia régence et le régne des deux Henri d'Angleterre; dans les neuf mois qu'a duré le règne dérisoire du cardinal de Bourbon ; dans les quarante-six ans écoulés depuis la révolution qui se continue encore de nos jours ; ou bien dans le reste des huit cent quarante - huit ans qui se sont passés depuis l'inauguration de Hugues Capet?

Sans doute aussi il y avait des solennités où rhéritier, succédant au trône, se faisait proclamer et reconnaître. Il y avait des convocations de leudes pour réclamer leur concours et s'assurer de leur soumission. Mais autre chose est de reconnaître ou d'élire ; autre chose le droit qui se déclare , ou celui quî se crée et qui s'attribue; autre chose, le droit antérieur qui demande appui, ou Tappui demandé pour acquérir un droit postérieur; autre chose, les suffrages qui instituent un roi , ou les acclamations qui saluent son avènement.

Par quel prodige, si les rois de cette race eussent été électifs, ne se serait-il conservé aucun monument de ces imposantes délibérations? Par quel prodige , tant de rois enfans ? Par quel prodige , toujours les en fans dès rois?

Dana la première race, la couronne fut hérédilsiirey mais par droit de masculinité seulement , et avec partage. Dans la seconde , elle fut encore héréditaire du même droit de masculinité; mais avec élection (1). Dans I9 troisième en6n, elle devint^héréditaire (2)sans élection ni partage ; mais avec droit de masculinité etdèprimogéniture. L'élection tendait dans la seconde race à réduire les inconvéniens du partage (3) ; la prîmogéniture , dans la troisième, à les prévenir;.

(1) Si talis filius cuUibet istorum trium fratrum natus fuerit , qubm POPULUS BMGBRB vELiT ut pati'i suo succcdat in regni hereditate. — Gapit. Karol. Mag. anno 806. artic. 5.

Actum est ut et nostra et totius topuli kostri, ia dilecti primogeniti Hlotarii elbctione, vota concurrerent.— Capit. Ludovici Pii, anno 8x7, in praefat.

Monemus etiam totius populi noslri devotionem... ut si is... in blb- 6BMD0 uno ex liberis nostris... eam quam in illius blectione conditionem fecimus imitentnr. — Eodem. art. 18.

Et falem filium reliquerit quem populus ipsius eligbrb voluerit ut patri suo succédât in regni hereditate Capit. anno 837, art. 1.

Ego Hludovicns y misericordia domini Dei nostri, et blbctiohb populi rex constitutus.— Capit. anno 877.

(2) Héréditaire, ce qui ne signifie pas de libre disposition. Le poi mourant ou abdiquant, transmet parce quMI délaisse. Il n'élit, ni ne lègue , ni n'attribue. C'est la Joi qui appelle ; c'est une substitution perpétuelle et légale, en faveur du plus prochain et pi^mier né des hoirs, avec dévo* lution.d'une branche à l'autre, au cas seulement d'une absolue extinction^

Ce n'est pas la disposition de l'homme , qui fait qu'une chose est hé* réditaire, comme on l'a avancé, je crois , récemment; c'est la transmission. On le dit de la noblesse, on le disait de la pairie , quoique U disposition de Phomme n'y soit et n'y fût pour rien . On le dit des vertus , des talens, de la beauté, tontes choses assez indépendantes aussi de la volonté du chef de famille .

(3) Si verô aliquis illorum decedens legitimos filios reliquerit, non intereos potestas ipsa dividatur ; sed potiùs populvs pariter conveniens UNUH BX Eis ELiGAT. — Capît. anao8j7, art. 14.

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