‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 36 sur 196 · PREMIERES EXPEDITIONS · texte numérisé non relu

PREMIERES EXPEDITIONS

Le règne des quatre rois fut d'abord paisible. Théodoric plus âgé, plus puissant, seul exercé a la guerre, trouvait néanmoins dans l'union des fils de Chlotilde, dans la contiguité de leurs Etats, dans la sagesse de leur mère , d'invincibles obstacles à son ambition. Ses frères en trouvaient aussi pour la leur, dans la faiblesse relative de leur royaume et dans leur jeunesse. Divisés , ils n'auraient pu rien entreprendre , et les alliances d'agression n'étaient pas de leur âge. On y cherche des gages de stabilité, que n'offre point l'enfance des rois.

I^eux courtes guerres troublèrent seules ces commencemens.

Le roi d'Italie , prompt à saisir les occasions favorables^ avait jugé que la mort de Chlovis lui en serait une. Il comptait wr des discordes et sur des déchiremens. Il se flattait de trouver les Francs divisés et faibles. Il envahit donc inopinément quelques parties des conquêtes qu'ils avaient faites dans le Languedoc. Mais ses calculs s'étant trouvés faux , et le danger de cette irruption ayant contribué peut-être à étouffer les divisions où son espoir se fondait, il interrompit la guerre , et négocia. L'entreprise cependant ne fut pas tout-à-fait stérile : les places qu'il avait surprises lui furent laissées.

Cinq ans après , de nombreuses troupes d^hommes du Nord descendirent dans les provinces maritimes d^4.ustrasie. C'était leur premier essai d'invasion, que devaient suivre tant d^autres. Leurs progrès furent rapides ; leurs ravages affreux , leur butin immense ; leurs captifs , sans nombre. Ils avaient leur roi Chlochilaïc à leur tête , qui se disait de la lignée de Chlogion , peut-être pour mieux imposer aux peuples qu'il entreprenait d'asservir.

Théodoric avait un fils y du nom de Théodebert , jeune prince d'heureuses espérances. Malgré son âge , le soin de cette guerre lui fut confié. On lui donna une forte armée et quelques vaisseaux.

Il marcha. Au bruit de sa marche, les hommes du Nord ne songèrent plus qu'à mettre en sûreté leur butin. Pendant qu'ils chargent leur flotte, le roi, resté sur la rive , couvre et protège leur embarquement. C'est en ce moment qu'arrive Tannée de Théodebert. Le combat s'engage; l'étranger succombe ; le roi luimême est frappé et meurt. Théodebert aussitôt monte sur la mer, conduit ses vaisseaux à Tattaque de ceux du Nord, obtient une seconde fois la victoire, et recouvre toutes les dépouilles et tous les captifs. Pour deux combats , deux triomphes , la délivrance de son pays , l'expulsion des Barbares , il n'a fallu à cet enfant qu'une journée. C'était le gage et l'essai d'une glorieuse vie.

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