‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 37 sur 196 · GUERRE DE THURINGE · texte numérisé non relu

GUERRE DE THURINGE

D'autres événemens survinrent bientôt, où put s'assouvir Tambition du roi d'Âustrasie. Après la mort de Bazin , trois frères s'étaient partagé la Thuringe: Hermanfroi, qui avait épousé la nièce de Théodoric d'Italie ; puis Badéric, puis Berthaire.

Amalberge , femme hautaine j supportait impatiemment le partage. La fille des Goths était à l'étroit dans ce lambeau de royaume.

Elle excita son mari. Celui-ci donc prit les armes, assaillit Berthaire , Taccabla , et le fit mourir.

Mais il restait Badéric , à qui Torgueil d'Amalberge ne pardonnait point. Elle obsédait et fatiguait Hermanfroi, prodiguant tour à tour les reproches et la raillerie. Un jour, par son ordre, on ne couvrit qu'à demi la table du roi. Comme il s^en étonnait, la reine lui dit : a A qui suffit une moitié de royaume , doit » suffire une moitié de repas. )>

Hermanfroi ne résista phis. Mais il y avait des périls. Si Badéric menacé appelait Théodoric, on succomberait. Si on l'appelait soi-même , il prendrait sa part. Dans le premier cas, tout se perd; dans le second, le partage, unique motif de la guerre, se renouvelle, et avec un étranger, voisin plus puissant.

Forcé de choisir, on préféra l'alliance. La ruine de Badéric était le plus puissant intérêt. Les difficultés

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futures étaient incertaines. Elles se résoudraient peulêtre et s^efiaceraient par le temps. Théodoric , oncle de la reine, et rival inquiet des rois francs , aiderait à frustrer le roi d'Austfasie des agrandissemens qu'il exigerait.

Hermanfroi donc entra en alliance avec ce prince. On convint de partager la conquête, et des deux cotés on donna sa foi^

La lutte fut courte. Badéric, privé d^alliés, était trop faible contre deux armées. Il succomba et périt.

La guerre finie, on rappela le traité. Mais des difficultés s'élevèrent. Hermanfroi cependant , quoiqu'il éludât et temporisât, affectait beaucoup de désintéressement et de bonne foi. Le roi d'Austrasie s^y laissa tromper, et ramena son armée.

Le roi de Thuringe alors dissimula moins. Bientôt il avoua tout , et ses auxiliaires 4.rahis n'eurent plq^ qu'à préparer leur vengeance.

Ils l'attendirent long-temps ; car le roi d'Italie était redoutable pour eux, et; pendant qu'ils seraient engagés en Thuringe, leur frontière du Languedoc serait sans défense et à sa merci.

De graves querelles d'ailleurs agitaient les autres royaumes de France, et attiraient l'attention du roi d^Austrasie.

Mais enfin arriva le jour où l'Italie retombant dans la confusion, la puissance des Qstrogoths cessa de menacer et d'être un obstacle.

Ce fut alors que Théodoric, après avoir fait alliance avec son plus jeune frère , le roi de Boissons , alla en

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