‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 44 sur 196 · LIVRE H (522-624-53 1-534). Ht · texte numérisé non relu

LIVRE H (522-624-53 1-534). Ht

poursuite. Et bientôt Chlodomir demeuré seul , pour avoir inconsidérément précédé les siens , vit s'arrêter devant lui quelques soldats bourguignons qui feignaient de se rendre et criaient merci. Le prince abusé vint à eux sans précaution et sans déûance. Mais les Bourguignons l'entourant , le renversèrent de son cheval etTaccablèrent. Sa télé aux longs cheveux fut mise au bout d'une lance et portée devant la ligne des Francs en signe de défaite et de dérision. En même temps, Godemar, profitant de cette fortune heureuse et inespérée, ramena précipitamment ses Bourguignons au combat. Mais l'événement répondit mal à sa prévoyance. Les Francs, qu'il croyait trouver abattus et découragés , ne se montrèrent que plus opiniâtres et plus furieux. Ardens à la vengeance du roi ^ ils y satisfirent par un immense carnage. Puis la victoire obtenue , ravageant toujours et ne se lassant point de tuer , ils se répandirent dans tout le royaume et n'y laissèrent que des ruines et des funérailles.

Toutefois ils se retirèrent. Ceux d'Orléans , privés de leur chef, ne surent point garder la conquête. Ceux d'Austrasie , trop faibles et moins animés à cette querelle , ne l'osèrent pas.

Godemardonc posséda de nouveau le royaume. Chlodomir, en égorgeant ses deux neveux et son frère, avait pris soin de faire de lui un vrai roi et un juste maître.

Mais U eut bientôt d'autres ennemis. Childebert et Chlotaire , qui n'avaient pas voulu suivre Chlodomir, reprirent ses desseins sitôt que sa mott leur eut donné l'espoir d'en avoir le fruit. Ils proposèrent à

Théodoric d'y participer ; mais il refusa. Il avait d'autres intérêts et d'autres vues. Ses soldats furent mécontens et se mutinèrent. Us menaçaient de suiyre.ses frères, et de renoncer à lui. Cependant il persévéra^ et ils se soumirent.

Chlotaire et Chlldebert persévérèrent aussi. Pendant qu'une dangereuse révolte retenait en Auvergne le roi d'Austrasie, ils portèrent rapidement la guerre chçz les Bourguignons. Leur invasion , plus lente que les deux dernières , fut aussi plus durable et plus décisive. Ils assiégèrent Autun d'abord , et le prirent. Ils poursuivirent jusqu'à Vienne , et eurent un même succès. Enfin, après deux années de vicissitudes et d'efforts contraires, le fils de Théodoric ayant consenti cette fois à suivre ses oncles, une dernière défaite acheva la ruine de leurs ennemis. Tout tomba d'un même coup , roi et royaume. Le royaume fut divisé , et les vainqueurs en prirent chacun une part. Le roi vaincu tomba au pouvoir des trois princes. Ils l'enfermèrent dant un château où il languit quelque temps , et où il mourut. Néant des grandes fortunes de la terre ; on ne sait déjà plus en quel lieu !

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