‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 52 sur 196 · LIVRE II (533.53i · texte numérisé non relu

LIVRE II (533.53i

l'entreprise de celui-ci sur l'Auvei^e. Ils firent même alliance , et se prêtèrent serment de ne jamais s^attaquer Tun Tautre. On échangea des otages ; on n'omft aucune assurance de sincérité. Mais, en peu de temps, il y eut d'autres discordes , et des deux côtés ]a haine éclata sans ménagement. Les otages , victimes faciles, furent tout d'abord opprimés et sacrifiés. Ceux qui ne purent s'enfuir furent faits esclaves : remarquable trait des mœurs de ce temps.

Chlotaire aussi se réconcilia avec le roi d'Austrasie. Un traité se fit pour aller ensemble à la recouvrance des villes dont les Ostrogoths s'étaient emparées après la mort de Chlovis. Le temps semblait opportun. La minorité d'Athalaric promettait un succès fecile.

Chlotaire fournit donc quelques troupes dont il confia le commandement à Gunthier , le plus ^é de ses fils. Celles de Théodoric marchèrent sous les ordres de Théodebert.

Les deux princes s'avancèrent ainsi jusqu'à Rhodez. Mais arrivés en ce lieu , la division éclata , soit penlêtre entre eux , soit plus vraisemblablement entre leurs pères. Chlotaire irrité rompit l'accord et rappela ses soldats.

Théodebert ne laissa pas de poursuivre. Il attaqua Rhodez et le prit. Il alla vers Béziers assaillir Dion , et s en empara. 11 fît sommer Cabrières, etDeotherie^ belle et noble dame gauloise , lut abandonna le châ« teau. Bien plus , elle s'abandonna dle-méme, et entra dans le lit de Théodebert.

Continuant ses progrès, ce prince alla en

el commença le siège de la ville d'Arles. Mats les ha* bilans s^en rachetèrent par une somme d'argent et par des otages. A peine la convention faite , une armée d'Ostrogoths parut, qui venait pour les secourir. Elle offrit la bataille à Théodebert. Mais ce prince ne la voulut pas accepter , et sut éviter d'y être contraint.

Sur ces entrefaites, Théodoric mourut. Règne heu* reux, et pourtant sans gloire ; prince doué de pénétration et de prudence , mais sans modération, ni fidélité ^ ni grandeur; qui savait prévoir et attendre, et mieux encore tromper et trahir ; en qui l'ambition , quoique sans bornes , n'était point sans règ^e ; avide , artificieux , patient ; qui n'imita de Chlovis que ses dernières années; habile de l'habileté de son temps ; sans foi , sans pitié, fourbe et atroce.

Théodoric honora quelques évêques, et fit quelques dons aux églises. Il recueillit les lois des Allemands, des Bavarois et des Francs, et, en les publiant de nouveau , il en retrancha tout ce qui favorisait le paganisme. La révolution s'achevait ; le christianisme eur trait dans les lois.

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