‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 63 sur 196 · LIVRE II (639), t4S · texte numérisé non relu

LIVRE II (639), t4S

L'attaque était résolue, et Tordre donné. Il ne restait qu'une seule nuit k Chlotaire. Le jour venu , il fallait combattre et mourir. Celait l'espoir de ses ennemis , et même le sien ; car il ne voulait vivre que roi.

Mais dans cette même nuit, il s'éleva de la mer une tempête telle qu'il n'en fut jamais. Un ventfu- Tieux qui renversait tout; le tonnerre grondant et éclatant sans interruption; d'immenses torrens de pluie se précipitant ; la grêle tombant épaisse et par blocs; des pierres même, dit-on, que versaient d'horribles nuées. Par une étrange faveur, l'ouragan sembla ménager le camp de Chlotaire, et ne déploya toute sa fureur que sur le camp ennemi. Une inexprimable confusion y régnait. Tout y était dans l'abattement et dans la stupeur. Les soldats, couchés sur la terre, n'avaient d'abri que leur bouclier, réduits à s'en couvrir comme en un combat , pour se préserver de blessure. En même temps les esprits changeaient , et la terreur enfantait de secourables superstitions. La tempête devint un prodige, et le prodige, un signe éclatant de la colère de Dieu. On détesta celle guerre qu'on poursuivait 1^ veille avec tant d'ardeur. On la proclama coupable et impie. Des envoyés allèrent offrir la paix au roi de Soissons ; mémorable jour, assigné pour sa ruine , et qui ne vit que sa délivrance.

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