UVRE II (S48.551.SS2.SS5). ISS
Narsès était alors arrêté au siège de Cumes ; place assez forte, et que défendait vaiiiamment Aligerne, frère de Téïas. Instruit de l'arrivée des Francs , le général grec laissa à ses lieutenans le soin d'achever ce siégé. Du reste de son armée il en fit deux parts ; Tune , qu'il mena lui-même en Toscane ; l'autre, qu'il envoya vers le Pô , avec Fulc'aris.
Lucques cependant retarda Narsès : des ofBciers francs en dirigeaieùt la défense. Réduite à se rendre , elle le promit , mais dans trente jours , et s'il ne lui venait dans l'intervalle aucun secours pour la délivrer. Aucun secours ne lui vint, et toutefois, quoiqu'elle eût doqné des otages, le terme arrivé, elle rompit ses engagemens* Narsès menaça de faire mourir les otages ; elle ne changea point de résolution. Il les 6t con* tiuire au pied des murailles avec l'appareil du supplice; ce spectacle ne l'ébranla point. Poussant la feinte plus loin , il les fit frapper , et simula , quoique avec précaution, toutes les apparences de la mort ; la ville fut consternée, et cependant persista. Il changea alors de langage , et fit annoncer qu'ils vivaient. Comme les habitans refusaient d'y croire , il les fit ramener au pied des remparts. Il s'en fallut de peu que la joie ne fît ce que la crainte n'avait pas pu faire. On fut sur le point de céder à la générosité de Narsès. Mais cetle faible tentation dura peu , et les exhortations des Francs l'emportèrent. De son côté , le général grec s'obstina, mais dans sa vertu o II renvoya les otages , et leur montrant son épée : « Celle-ci , dit-il , sufBra )» bien à vous châtier. »
Pendant ce temps , les Francs avançaient. Arrivés à Parme , les Goths qui y commandaient leur en ouvrirent les portes. Us y placèrent quelques troupes, et le reste de leur armée assit son camp tout auprès»
FulcariSy ardent à les suivre, inquiétait et embarras i sait tous leurs mouvemens. Soldat téméraire et infatl« gable, multipliant les aftaques , et se mullipliant luimême pour qu^il ne s^en fit aucune sans lui. Bucelin , moins impétueux, Pobservait et Tétudiait. Cette poursuite assidue lui était fâcheuse , et il épiait Toccasion de s'en délivrer.
L'occasion vint. Fulcaris sortait chaque jour de son camp, et se. répandait dans la campagne pour y amasser le butin. Poussant une fois devers Parme, il arriva que tous les chemins se trouvèrent libres, et qu'aucun ennemi ne parut. Il les crut, trompés, et leur vigilance mise en défaut. Il poursuivit donc, s'engageant toujours de plus près, et ne pouvant se résoudre à s'arrêter dans une entreprise qui succédait si heureusement.
Il y avait , non loin de la ville , un amphitéâtre que Fulcaris négligea. Des troupes de Francs y étaient cachées ; d'autres s'étaient postées à Tentour, couvertes aussi par des bois épais. Au signal donné , elles sortirent avec de grands cris de leur embuscade , et enveloppèrent le détachement que conduisait Fulcaris. En même temps , Bucelin marchait avec son armée, afin de lui couper la retraite , et d'assaillir les troupes laissées au camp. Celles-ci résistèrent peu , et s'enfuirent. Fulcaris, au contraire, combattit glorieusement et long-temps. Protégé par un vieux sépulcre où il