LIVRE L
alla mourir prisonnier en Toscane , et de qui était né Waramond.
Waramond fut roi (1) ; c'est toute son histoire. La nation entière subit son autorité; mais il ne pé* nétra point dans les Gaules (2). C'était assez pour lui de s'asseoir et de s'affermir.
On lui a attribué la lqj[ salique; erreur aujourd'hui reconnue* Son règne dura huit ans, peut-être onze (3)^ peut-être quatorze. On ne sait rien de certain sur ce prince; Grégoire de Tours n'en a pas même parlé.
Après lui, par^t Chlogion. S'il était son filsn ou seulement de sa race, on ne le sait point. On a cependant un ancien manuscrit de la loi salique , où le titre de fils lui est accordé (4).
ii'Epipire $'^ allait en lambeaux. Les' Vandales étaient w Afrique et dans la Bétique; les Suèyes et les AUains , en Gatice ; les Cattiens , dans la Catalogne ; dans la Grande-Bretagne , les Anglo-Saxons ; les Goths , dans l'Aquitaine , dans le Languedoc et dans la.Proyence ; les Bourguignons , entre le Rhin , les Alpes ei la Saône ; les peuples de l'Armorique , soulevés ; en Orient^ ties révolutions continues ; en Occident, une faible femme et un prince enfant; deux
(i ) Fastes de Prosper,
(a) Paul f diacre ; Raoql de Presle.
(S) Raoul de Presle.
(4) Ce maouscrit donne même deux fils à Waramond. Waramundus genuît Chleno et Chiudiono.
Il n'est resté dans Thistoire aucun souvenir du premier. (Mém. de VAead» des inscript.)
généraux enBn , Boniface et Âétius , acheyant la ruiné de FEtat par leurs divisions.
Quelle occasion plus favorable? Chlogion arme ses Francs el passe le Rhin. Les Romains vont à sa ren^ contre : il les bat, il entre à Cambrai , il pousse ses conquêtes jusqu^à la Somme.
Rappelé par les Saxons ^i attaquaient ses frontières , il les défait à leur tour , et fait encore sur eux des conquêtes.
Celte diversion surmontée , il retourne aux Romains. Le sort des armes lui fut d^abord favorable. On dit même que Paris lui paya de fortes contributions de guerre pour se racheter du pillage. Mais pendant qu'il s'arrêtait au territoire d'Hesdin , Aétius le surprit dans le désordre d'une fête ^ et l'accabla. Les Romains recouvrèrent tout ce qu'il avait envahi (!)•
11 revint pourtant ; mais sans obtenir un meilleur succès. Vaincu de nouveau par Aétius, il fut contraint de subir la paix qu'on lui imposa (2).
Plusieurs ont cru que sa fortune avait été plus heureuse. Le chroniqueur Adon veut que ce prince fût établi dans les Gaules, et met sa capitale à Cambrai. Le moine Roricon renchérit, et transporte à Amiens cette capitale. J'ai même vu un auteur moderne qui proposait de la placer à Tournai.
Mais ces témoignages ont bien peu de poids. Les. vieux chroniqueurs, quelque vieux qu'ils soient ^
(i) Prospcr. -i^Cassiodorc.
(?) Idace.