‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 71 sur 196 · LIVRE II (518.551-S52.SS · texte numérisé non relu

LIVRE II (518.551-S52.SS

dais de se rompre, en affectant le désordre que produisent ordinairement la fuite et la p^ur. Les Franca se laissèrent prendre à ce pi^e. Ils marchèrent , ou plutôt coururent, croyant poursuivre Fennemi dont ils favorisaient le dessein. Les rangs s'étendirent et se relâchèrent ; la cavalerie, plus prompte, cessa de cou- Trir leurs flancs ; au lieu du faux désordre des Grecs, une vraie et irréparable confusion s'établit partout. Alors Narsès s'arrêta et se retourna. Sa troupe, en un instant ralliée, fondit avec impétuosité sur l'infanterie des Francs , que ne protégaient plus ni sa cavalerie ni la forêt. Un succès complet fut le prix de ce stratagème. Neuf cents de leurs soldats périrent du côté des Francs, et l'expédition de Cumes fut abandonnée^

Les Francs hivernèrent dans la Basse-Italie, et, le printemps venu, ils reprirent leur invasion. Ib pénétrèrent jusqu'à Rome, et bien au-delà , enlevant tout ce qu'ils rencontraient debulin. Quand ils furent dans le Samnium , ils se partagèrent. Bucelin, conduisant la plus forte armée , parcourut , toujours en pillant , tout le littoral de la mer de Toscane jusqu'au détroit de Messine. Leutharis, avec l'autre armée, s'étendit le long de l'Adriatique jusqu'à Otranle , ne laissant nulle part que des ruines.

Ensuite il retourna vers le Pô , pour y mettre à l'abri ces riches dépouilles. Mais Bucelin ne le suivit pas, et exigea même qu'il lui renvoyât une partie des troupes qui étaient avec lui. Ce général avait de secrets desseins qu'il dissimulait. Il travaillait à se concilier Paffection des Goths , et pour mieux flatter leurs res-

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sentimens, il avait résolu d'attendre Narsès , ne doutant point, s'il réussissait à le vaincre, qu'ils ne lui décernassent la couronne de Théodoric.

Leutharis était parvenu sans perte jusqu'au Mé* tauro. Fano , qui est tout auprès, lui offrant une position favorable, il y mit son camp. Les ennemis étaient à Pesaro, sur laTaglia. Voulant les faire reconnaître et assurer les chemins avant de s'y engager, il fit sortir un corps de trois mille hommes, chargé de ce double soin. Ils partirent, et s'avancèrent imprudemment dans un défilé fort étroit , entre de hauts rochers et la mer. Les Grecs, qui les observaient, ne négligèrent point l'occasion . Ils les assailliren t précipitamment dans cette position désavantageuse , et les contraignirent promptement à rétrograder. Beaucoup furent tués sur la place. Le reste se retira en .désordre et réussit à gagner Fano.

Sitôt qu'on l'eut informé de celte rencontre , Leutharis tira son armée du camp , et la mena en hâte au devant des Grecs , prétendant leur reprendre à l'instant l'avantage qu'ils avaient plutôt surpris qu'obtenu. Mais les Grecs ne s'y voulurent pas exposer , et ils rentrèrent à Pesaro sans qu'on eût pu les contraindre à renouveler le combat.

Leutharis traînait à sa suite d'innombrables troupes de prisonniers, malheureuses victimes que la fortune lui avait livrées pendant sa longue excursion. Quand il sortît du camp pour combattre , voulant en]réduire la garde à ce qui était nécessaire, il la réduisit en effet jusqu'à la rendre inutile et insuffisante. Les pri-

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