‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 73 sur 196 · LIVRE 1! (548-5ii.552.55S · texte numérisé non relu

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rulesdans TaFOiée grecque , troupe guerrière, mais indocile à la diiscipline. L'un des chefe de ce corps tua brutalemenl et sans cause un de ses valets. Comme Narsès Fen réprimandait , il répondit ayec arrogance , et le général ofTensé le fit mettre à mort. Cette sévérité surprit et révolta les Hérules. Ils éclatèrent en murmures , même en menaces , et s'enfermèrent dans leur quartier.

Bucelin qui en eut avis saisit ce moment, et marcha. Narsès, de son côté, sortit et alla à lui. Le centre des Francs offrait la figure dW profond triangle (1); les ailes au contraire s'étendaient uniformément sur deux lignes droite faiblement recoupées aux extré* mités. L'infanterie des Grecs , formée en phalange , occupait leur centre; la cavalerie était sur les ailes. Au devant du corps de bataille , marchdîl une forte troupe de fentassins pesamment armés. A droite et à gauche , des détachemens de gens de cheval s'embusquaient j couverts par des lisières dé bois.

L'action s'engagea par les archers et par les frondeurs. Mais bientôt le triangle des Francs s'ébranla , et de sa pointe avancée tlonna avec une invincible impétuosité sur le corps pesamment armé qui protégeait le centre des Grecs. Ce corps résista faiblement et fut enfoncé. Le triangle avançant toujours , il parvint au corps de bataille , le chargea avec la même fureur , et le renva:*$a. Alors , ti'ayant plus riea devant

(i) Quojacto^ intrigormm quem cuneum vacant^ actes ipsa vertenda €st^ quœ ordinatio plurimùm prodesse consuevit in bello, — Végècc, lib. I, ch. 36.

lui , l'avidité du butin Tenlraïua , et sans s'arréler , ni s'inquiéter du. sort des dçux ailes, il courut, d^à en désordre , vers le camp des Grecs.

Ailleurs cepenc|aut la. fortune était différente. A mesura que le centre des Francs faisait des progrès , leurs ailes restant plus découvertes et plus isolées , Narsès en tira avantage, et. profita de ce moment pour donner le signal aux siennes.. Sur les deux points ce fut un même succès. Les Francs, dépourvus de cavalerie, soutinrent mal le choc de celle , des Grecs : ils furentrompus.

En même temps les. succès du centre changeaient. Les Hérules, sachant les Grecs en péril, eurent honte de leur inaction. Ils craignirent qu'on la leur imputât à trahison , ou^à lâcheté. Laissant donc leurs tentes , ils se mirent en, marche pour prendre leur part du combat.. Comme .ils approchaient, ils rencontrèrent ces Francs qui. allaient au pillage, et qui victorieux et salis défiance n'imaginaient point qu'il leur restât autre chose a faire que de recueillir les fruits de leur triomphe. Les Hérules ne délibérèrent point, et chargèrent. Dans la confusion où les avait mis leur sécurité , les Francs n'eurent le temps ni de reprendre leurs rangs , ni de se défendre. Vaincus par leur victoire même, ils voulurent fuir. Mais sur ce moment la cavalerie postée derrière les bois accourut, qui leur . coupa la retraite , et acheva de les accabler. Le carnage fut affreux; le nombre des prisonniers infini; et de cette armée si belle et si formidable, en quelques heures il ne resta rien. Un même coup fit éva-

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nouir pour Bucelin , la royauté qu'il rêvait, et h la fois sa gloire et sa vie , autres l'êvés.

Ce fut le tenue de l'entreprise des Francs. L'Italie, presque conquise, tombait, pour ainsi parler, dëleurs mains. La peste et la guerre leur avaient subitement , et par un effroyable accord , tout ravi. Hamming , ce même officier qui avait arrêté autrefois Narsès sur l'Âdige , assembla bien quelques troupes , retirées des places où elles tenaient gak*nison , et , sans regarder h leur faible nombre, il tenta avec elles un eflOTt audacieux et désespéré. Mais iLsuccomba« Regnarès aussi, chef des Goths, réunit sept mille soldats , et s'enferma dans Campsas , où il soutint un long si^ei Mais ayant essayé, dans une entrevue, de tuer Narsès , il fut lui-même tué.

Les Francs portèrent douloureusement là peine , et de la cupidité de Letitharis , qui l'excita à se séparer pour mettre h couvert son butin , et dé l'ambition de Bucelin , qui lui persuada de persévérer par la criminelle espérance d'une couronne achetée au prix des plus odietises trahisons.

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