‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 9 sur 196 · LIVRE t. 2t · texte numérisé non relu

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quiélait cet auxiliaire , se hâta de le congédier après la bataille, lui persuadant que ses frères pourraient, lui absent , s'emparer de ses Etats. et l'en dépouiller. . La même ruse , s'il faut en croire Grégoire de Tours, lui servit à se débarrasser du roi franc (1).

La mort d'Aétius suivit de près sa victoire. Les Francs redevinrent alors ennemis , et se jetèrent de nouveau dans les Gaules. Mais les Romains , commandés par A vitus, les vainquirent, les repoussèrent au-delà du Rhin jusqu'à FElbe , et les forcèrent d'accepter la paix. Ainsi le raconte Sidoine Apollinaire (2).

Mérovée à son tour mourut ; il n'avait régné que dix ans. Childéric fut son successeur.

On prête d'étranges aventures à ce nouveau roi. On dit que, dans son enfance , il fut enlevé par les Huns, et enlevé de nouveau aux Huns par un ser^ viteur dé son père. On dit que dans les commencemens de son règne, s'étant abandonné à de grandes profusions et à de grandes débauches , il se fit des conjurations contre sa vie. On veut qu'il ait été contraint de se réfugier à la cour du roi * de Thuringe,~et que les Francs , chose m^veilleuse , aient donné volontairement sa couronne à un Gaulois , à jEgidius qui commandait dans les Gaules l'armée rotnàine. On veut que Viomade, ce courageux ser-

(i) Liv. a, chap^ 7.

(a) Loc. «it.

22 HISTOIRE t)ES FRANCS.

viteur , à qUi Childéric était déjà redevable de sa liberté » ait réussi à surprendre la confiance d'iËgi- ' diiis , qu'il lui ait à dessein persuadé là violence et la tyrannie , qu'à forcé de ruses il ait insensiblement tamené les Francs à leur ancien rpi , et qu'enfin au signal convenu d'une pièce d'or partagée avec ChildéHc le jour de sa fuite , ^t dont il Jiil envoyait la moitié ^ ce prince ait reparu inopinément au milieu des peuples repentans et désabusés^ qu'il y ait eu tout aussitôt une armée, qu'il ait vaincu .^idius, qu'il ait Repris au front du Gaulois là couronne tom-* bée du sien.

On ajoute d'autres merveilles. On ajoute que Baztine , femme dii roi de Thuringe ^ avait conçu pour Childéric la plus violente passion ; que ne pou-r vant souffrir son absence^ elle s'enfuit du pays où elle était reine, et s'en alla solliciter l'amour de ce prince ; que lui , frappé d'étonneihent ^ voulant sa^ voir quel motif lavait excitée à le suivre i « Ta vertu, » dit-elle ; car c'est elle seule que j'aime , et si j'en » savais un plus vaillant que toi , c'est à lui que je » voudrais me donner, a

Cîâs récits ont, pour la plupart , plus dlnterét que de vraisemblance, et j'incline fort au sentiment de ceux qui refusent d'y ajouter foi (!)• Peut-^^tre suffit-il de réfléchir quelle ava'sion avaient les Francs pour la domination des Romains , et que des trois histo-^

(i) Daniel, préface. — Apologie de Frédégaire , Hist. de TAcad. des 4Hsçr. , tonv. \ .

riens qm racontent les grandes actions d^iËgidiùs , il n^en est aucun qui lui donne le titre de roi , ni qui parle de son roy/aume(l).

Mais qudque opinion qu'on en vQuille avoir , C^il* déric, dëyenu ou rétabli roi, fit la guerre, et vint dans les Gaules. Il prit d'abord Trêves et Cologne (2). Puis, ayant assise Paris, il s'm empara (3). Odoacre , chef des Hérules, était à Orléans : il marcha contre lui, loi livra bataille ^ le mit en fuite et reprit la ville. Les Goths avaient pénétré jusqu'à Bourges : Childénc ayant &it cette fois alliance avec les Romains , les attaqua , les chassa , et leur enleva de riches dépouilles. L'alliance «lors se rompit. Odoacre, qui s'était retiré dans l'Anjou., fit luinoséme un traité avec les Romains. Childéric accourut, tua le comte Paul qui commandait les troupes romaines , mit de nouveau Odoacre en fuite, et entra victorieux dans Angers (4). A la fin , devenu l'allié d'Odoacre, ils repassèrent ensemble le Rhin , assaillirent les Allemands et en triomphèrent.

Childéric eut donc de nombreux succès. Mais fit-il en eifet des conquêtes, et s'y maintint-il? Plusieurs en doutent, et ils citent un grand nombre de preuves en faveur de ce sentiment. Mais à quoi bon? Chlovis partit de la rive drdte du Rhm quand il voulut en-

(i) Fanlin, Priscus, Ictace.

(a) Chron . de Moissac.

(3) Vie de sainte Geneviève.

(4) Girég. de Tours, liv. 2.

trer dans les Gaules » et le premier objet de ses eflbrts fut roccùpation des provinces que son père avait autrefois envahies. Son père les avait donc per^ dues , puisqull fallut recommencer à les conquérir (!)•

Il se peut toutefois que les Francs, sans y posséder encore un royaume , pussent réussi à se maintenir dans quelques villes en-deçà du Rhin. Il se peut que Aagnachaire, quoique cela soit fort douteux, eût déjà Cambrai. U se peut que Sigebert eût déjà Cologne , chose plus probable. Mais un Etat véritable , fixe , puissant, étendu, il est difficile de croire que les Francs raient possédé dans les Gaules avant Chldvis.

Le règne de Childéric avait duiré vingt -cinq ou vingt-six ans. •

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