LIVRE III
pas oublier qu^ls dispensaient de ces lois par les préceptions (1).
Quand les maires n'ayant encore obtenu que le commandement des armées , durent cependant être élus par rassemblée des leudes , on peut croire que ce fut par un souvenir des anciennes coutumes de Germanie (2). Le titre de roi et celui de chef militaire étant séparés de nouveau » on reprenait les usages des temps anciens, où ils étaient aussi séparés.
Quand ils acquirent Tadministration , l'élection put avoir encore le même motif; non pas sans doute à cause de l'administration elle-même qui avait toujours dépendu de la royauté, mais à cause du commandement de l'armée, qui continuait de leur appartenir.
A ce moment, il se fit une grande altération dans le principe du gouvernement. La royauté était mise ainsi en deux parts : dans Tune l'administration et Farmée , c'est-à-dire la force et le conseil ; dans l'autre
principum , optimatum , procerum qui suiit capita populi. Hprufi) enini coQsilio reges utebantur , quam de fercadis ac constituendis iiovis Icgibus agebatur. . . . Adfuissc ergo îd his coDventibus constat episcopos, et caeteros fidèles, id est abbates, duces, comités, etc. ( Baluze , Prœfat* , no 7> ) ~~ Baluze fonde son opinion sur le témoignage d'Ilincroar, et sur Je texte de plusieurs capitulaires de Charlemagnc , de Louis-le-Débonnaire et de Obarles-Ie^Chauve.
(i) Prœeeptum^ prœceptioy un rescrit du prince. — Jani.nyonuimus ra^CBPTUM pro diplomato principis accepi. (Jérôme Bignon, Not. sur Marcul.^ liv. i, ch. 19.) — Pr^ceptiones nostrie per omnia impleantur. {Edit de Chlotaire JI^ de Vannée 61 !i ^ art. i3.) ^ Nicsius PBjsCBPTiONBM a GUilperico clicuerat. ( Grégoire de Tours , Jir. 7, chap. 3i .)
(2) Rcgem ex Bobilitalc, duces ex virtutc sumunt. (Tacite.)
le titre, la cour, la représentation, le faste, Foisiveté, l'impuissance.
. Cétail même peu de sa division i et peu encore de Finégalité de la division : les deux parties de la royauté n'avaient plus la même origine. La moindre continuait d'être héréditaire ; la plus forte prenait sa source dans l'élection. On eut une royauté double, en même temps élective et héréditaire. On eut deux royautés ; Tune avec la puissance sans le titre ; Tautre avec le titre sans la puissance. On eut deux royautés et pas une.
Tant que l'office des maires du palais resta révocable, l'équilibre ne fut pas tout-à-fait rompu. Le roi titulaire eut encore, avec sa dignité, quelque suprématie, et quelque réalité de pouvoir.
Mais lorsque Chlotaire II eut été contraint de promettre par serment, à Warnachaire, qu'il ne serait jamais révoqué (1), le poids en fut extrême, et la balance se précipita. Jusque-là, c'étaient des visirs ; on a eu raison de le dire (2). Mais jusque-là seulement, et depuis ce furent des rois.
Chlotaire et ses grands eux-mêmes eurent bientôt sujet de le reconnaître. Aussi, douze ans après, lorsque Warnachaire fut mort, les évêques et les leudes , assemblés à Troyes, décidèrent-ils qu'ils ne nommeraient point de maire , et qu'il n'y aurait plus d'inter-
(i) Sacramento à Chlotario accepto, ne unquani vit» suœ teinponbu» (Icgradaretur. ( Frcdcgaire.) (2) Daniel.