‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 101 sur 135 · UVRE XIX (800-806). Î8Î · texte numérisé non relu

UVRE XIX (800-806). Î8Î

voulu du mystère , et l'éloignement, les retards» ifi projet lui-même n'en admettaient pas, f Irène persista néanmoins et ne se laissa pas rebuter par ces obstacles ; elle s^cayelopperait de faux sentimens et de faux dehors ; elle ne serait siacère qu'à Aix-la-Cliapelle, et à Constantînople elle tromperait; elle tromperait en feignant et afl'ectanide tromper. Elle dirait aux Grecs les menaces de Charles, la guerre qu*il prépare, la Sicile qu'il veut envahir, la Calabre et Naples qu'il va leur ôter ; elle leur dirait la nécessité d'éloigner ce péril, d'endormir la colère de ce conquérant* d'enivrer son orgueil et son ambition, do le séduire par des propositions si flatteuses qu'il pût consentir à leur sacrifier même la guerre, même la gloire. Peut-être avec ce langage obtiendrait-elle quoique repos, quelque liberté, le tems nécessaire pour amener ces négociations à lem' terme ; et si Charles acceptait, si le succès ne démentait pas ses espéi-ances, que lui importerait alors , quand ses desseins seraient accomplis, que les Grecs détrompés maudissent insolemment^ mais trop tard* leur crédulité et ses artifices ?

XIX. Sa résolution prise, eUe se hâte et ne veut plus souffrir de retard ; un ambassadeur fait voile déjà pour les côtes de France ; c'est Léon Spathar, fidèle oflîcier,cheféprouvé et intelligent des gardes d'ii'ène. Quelle mission, quels intérêts^ quels dé- I bats ! Châties, étonne, délibéra mûi^ement; il sonda

Favenir et chercha ce que demandaient la religion, sa propre gloire et la grandeur de sa race. Répudierait-il pour lui-même l'insigne honneur de rassembler sur son front les couronnes d'Orient et d'Occident? Déshériterait-il ses neveux du riche partage où les conviait la fortune? Négligerait-il cette occasion heureuse et facile, de rendre absolue l'indépendance encore imparfaite de l'Italie , et de marquer fortement ces larges divisions des états, si nécessaires à leur sûreté? Refuserait-il à l'Eglise cette rare et inespérée garantie d'union, de subordination, de repos, qu'il était en son pouvoir de lui accorder? Qui appelait maintenant des révolutions à Constantinople, si ce n'est les fougueux disciples de l'hérésie? A qui profiteraient-elles, si ce n'est à eux? L'ambition, les exigences, les fautes d'Irène étaient grandes; qu'étaient toutefois d'aussi vulgaires ioconvéniens pour arrêter dans une détermination si grave et si décisive ? Y avait-il quelque chose qui pût altérer la gloire de Charles? Y aurait-il des mains si hardies pour lui disputer quelque part l'exercice de sa souveraine puissance? Se trouverait-il d'autres intérêts assez hauts pour balancer l'immense intérêt d'affermir, par l'unité de lempire^ l'unité menacée du christianisme?

Charles donc consentait ; mais dans une délibération où les dangers de l'Eglise avaient tant de part, il ne voulait rien accorder sans l'assentiment et le concours du chef de l'Eglise. Il interrogea Léon ; Léon examina et se réjouit : il lui proposa de

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