‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 104 sur 135 · LIVRE XIX (ROO HtK · texte numérisé non relu

LIVRE XIX (ROO HtK

encore, et plus oecupc de sa sûreté *[ue de ses promesses, il lui reprit ce mince bieiifhil et la relégua à Myiilène, dans uu monastère. Elle y mourut presqu' aussitôt , et dans Tannée môme de sa chute, sans qu'on puisse dire la vraie cause d'une mort si prompte, sans que Ton sache s'il ne la faut imputer qu'aux regrets rongeurs d'une ambition furieuse et désespérée. Illustre femme, et des plus renommées entre celles qui le sont le plus ; glorieuse reine, si son élévation eût eu d'autres fondemens ; leçon précieuse, car ses crimes qui ravaient élevée la précipitèrent; elle périt de la mort de son fds, qui appelait un autre empereur; elle succomba par son usurpation (1).

XXVIL Aélius disparut dans cette tempête qu'il avait témérairement soulevée; faible châtiment ^ s'il en était de plus grands pour les ambitieux que l'oubli. Mais avec Irène s'évanouissaient aussi ses projets et les espérances du prince franc; Charles perdait cette grandeur d'emprunt qu'il avait été si près de saisir; il rentrait dans sa propre grandeur, magnifique dédommagement. Aucun intérêt ne retenait plus ses ambassadeurs à Constantinople ; ralUance annoncée ne se pouvait plus; la paix elle^

(i) * S^îl eût vécu j quelqne faible part qu'il lui eût laissée dans » raatorité, celte part eût été consacrée par ses droits, et affer- 9 mie par sa puissance* Elle perdit tout, parce qu'elle Tavait » perdu. ■ (Gaillardp)

même était, sinon rompue, au moins menacée; ils partirent, empressés de fuir cette rérolutiçm &ite en haine des Francs aussi bien qu^en haine de leur alliée. Mais Nicéphore, à peine établi, redoutait la guerre, et plus qu'aucune autre celle que Charies offensé tenterait. Voulant donc, et à tout prix, dé* sarmer les ressentimens de ce prince, il fit suivre de près les ambassadeurs francs par ses propNS ambassadeurs. Calliste, Candide, Tabbé Pierre, Tévéque Michel passeront précipitamment le Bos* phore et vinrent dans les Gaules implorer ou plutAt acheter la paix.

XXVIII. Charles était à Seltz en ce temps, an bords de la Sale; Michel et ses compagnons Ty suivirent On écouta leurs propositions : apaiser l'empereur, était difficile ; le dissuader de ses des* seins, ne se pouvait pas aisément; quels avantages exigerait-il, à quel prix ne mettrait-il point celte paix si nécessaire à l'affermissement de Nicéphoreî Michel l'obtint cependant, et quelles qu'en fussent les conditions, il les accorda. On croit, et tout concourt à le persuader, que les Grecs se résignèrent au partage de l'empire; qu'impatient d'éire reconnu empereur, Nicéphore consentit que Charles le fût; qu'il renonça à Ravenne, au territoire de Rome, à Rome elle-même, à toutes les conquêtes qu'avaient faites les Francs au delà des Alpes ; qu'il renonça encore à la Dalmatîe, à la Croatie, à la Dacie, à l'Istrie, aux deux Pannonies, à tout ce qu'ils

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