‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 110 sur 135 · IV. H · texte numérisé non relu

IV. H

2ÎD HlSTOmE tïËS PRÀNCà.

împuissârile : les Thanes se soumirent; Eardulif régna de nouveau; mais cette fois, par la volonté toute puissante de Tempereur franc (1),

XL. Charles cependant mesurait sa vie, et plein de force encore et d'activités il ne laissait pas de sentir qu il avait beaucoup fait et beaucoup vécu. De nouvelles pensées agitaient maintenant son esh prit; des intérôts, des devoirs, des ten>ps différeos, le préoccupaient. Depuis la chute d'Irène et le traite conclu avec Nicéphore, abandonnant sans retour les autres desseins , peut-être imprudemment embrassés , il avait comme arrêté sa fortune et marqué le terme de sa gloire. Son règne vieillissant^ changeait de mouvement et de but, et s'interrompait en quelque façon, pour s'assortir aux règnes 4^i devaient suivre. Assurer ce qu'il avait obtenu^ préparer les destinées futures de sa race, et de tant de peuples enveloppés dans sa vaste domination, c'en était assez désormais , aux yeux de ce saga prince , pour le peu d'années qu'il lui était permis d'espérer. Ce repos, si l'on devait lui donner ce nom, serait encore utile et laborieux : il avait l'empire, il l'cstait à le fonder et à l'affermir* En Italie, en Dalmade, en Saxe, en Espagne^ le soin de forlifier ses frontières était devenu le soin le plus gra?e

(1) J*a:ntidpe un peti kî, pour ne pas interrompre la soite da9 évêûemous» ia prison d'£ardulf est de d06: sa restauration eit de 809*

lïXm XIX (800-806). 1l\l

et le plus assidu de ce priiic^a. Il n'était plus soncioux d'acquérir, mais de transmettre ; il ne songeait; plus à s'étendre, mais à conserver.

XLL Sa plus sérieuse inquiétude était alors celle des Nordmans : entre l'Elbe et ce peuple , étaient d'autres peuples, d'une fidélité toujours équivoque, que la crainte seule retenait dans Talliance des Francs, et que des craintes ou des espérances contraires en pouvaient facilement retirer. Outre cela, lorsque la Saxe accahlée, eut été réduite enfin à subir le joug du christianisme et de Charles, d'assez nombreuses troupes de Saxons, préférant l'exil à la servitude, et leur folle idolâtrie à la sainte loi du vrai Dieu, avaient passé l'Elbe, et s'étaient fait une nouvelle patrie sur la rive droite de ce fleuve. Beaucoup même, se croyant encore trop voisins de leur ennemi, étaient allés chercher un asile jusque dïtns le pays des Nordmans. Ceux-ci donc, échaufl'ant toujours la jalouse inimitié de leurs hôles, et les sollicitant à la guerre; les autres de leur côté occupant les abords de l'Elbe, qu'ils ouvriraient avec joie à tout ennemi de Êharles et des Francs , cette limite de Tempix^e était dans un péril immineut et perpétuel*

Charles effrayé, sentait vivement la nécessité de l'en garantir ; mais les moyens étaient difficiles, et il n'y en avait point d'autres que la persuasion ou la violence. La persuasion pouvait être tentée encore s des Nordmaas , que divisaient

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rassaiciit leurs longues discordes; mais avec les Saxons , si persévérans dans leur haine , il fallait ft chercher de plus sages ei plus efficaces expédiens. Charles en choisit, que les exemples des siècles récens, Fopiniâtre indocilité de ces fugitifs, l'intérêt décisif de sa sûreté, lui firent juger légitimes, malgré leur révoltante rigueur. Il leva une forte armée, et en même temps qu'il invitait le roi des Nordmans à une entrevue, pour régler de concert le sort des réfugiés que ce prince avait recueillis , il marcha iiu^idement sur les bords de l'Elbe, pour régler lui-même, et du droit de la force, le sort de ceux qui s'y étaient arrêtés.

Godfried régnait alors dans le pays des Nordmans; ce prince, le message de Charles entendu, annonça qu'il consentait à y déférer : il mit une flotte à la mer, qui vint cingler jusqu'aux bouches de l'Elbe, et lui-même assemblant une cavalerie nombreuse, il s'avança avec elle jusqu'à Sehlesv^ig. Mais, arrivé en ce lieu, la méfiance lui fit changer de résolution ; il refusa de poursuivre, et préféra la voie plus lente et plus désavantageuse des ambassadeurs. Charles, offense, n'en fut que plus exigeant et plus hiflexiblc; les Nordmans cédèrent, et les fugitifs qu'il redemandait furent lâchement sacrifiés à la crainte d'une guerre pour laquelle les Francs étaient trop bien préparés (1).

(1) Egiohard, Annales , ann. 804. — « L'empereur avait envoyé une légation à Godfried pour quil rendît les réfugies...

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